Je terminerai aujourd’hui cette série, bien qu’il y ait encore de nombreux exemples à présenter sur les nombreuses femmes journalistes qui exercent leur métier au risque de perdre la vie dans leur propre pays, par le récit d’une journaliste canadienne, entrée en Iran “en touriste” et ensuite avec la difficulté pour les journalistes iraniennes d’exercer leur métier dans leur propre pays.
Dans un premier temps, je souhaite donc vous parler de cette journaliste canadienne Jane Kokan, basée au Royaume Uni. Directrice de documentaires, productrice, journaliste et cameraman indépendante, elle travaille dans les Balkans, l’ex- Union soviétique, l’Afghanistan et l’Afrique pour un grande nombre de médias internationaux.

FRONTLINE/World reporter Jane Kokan enters Iran on a group bus tour.
Lorsqu’elle reçoit l’appel de Sara Miles, productrice de Frontline/World, pour effectuer un reportage “secret” en Iran, Jane Kokan prend de nombreux contacts avant de se décider
Elle raconte ici les motivations qui l’ont amenée à partir en Iran :
” Ce que beaucoup de personnes ne comprennent pas est que bien que l’Iran puisse être une République islamique fondamentaliste dure, c’est aussi un jeune pays. Plus de 70 pour cent d’Iraniens ont moins de 30 ans et les enfants de la révolution commencent maintenant à se rebeller. Ils veulent une séparation entre la religion et le pouvoir politique et la fin de la République islamique. Je me suis rendu compte que c’était une histoire vraiment importante et presque personne n’en parlait“.
Jane Kokan est donc entrée sous de faux prétextes en Iran, enfraignant la loi, au risque d’être inquiétée et arrêtée à tout moment.

Photo FRONTLINE/World
“J’étais entré en Iran illégalement. J’avais menti sur ma demande de visa (…)”
Aucun appui possible de l’Ambassade canadienne de Téhéran, se faisant passer pour une archéologue. Des rendez-vous arrangés dans des bibliothèques ou des musées, la crainte d’être suivie et espionnée à tout moment…E-mails et noms codés,
Dans les cyber-cafés, “chacun est assis au milieu des autres, avec un casque, téléchargeant la musique occidentale. La jeunesse iranienne peut envoyer des courriers électroniques à leurs amis dans le monde entier. Ils savent ce qui se passe dans le monde, aiment les films occidentaux et la musique et veulent désespérément plus de liberté.“
Cependant depuis environ 2 ans, au moins 400 cyber-cafés, rien qu’à Téhéran ont été fermés, des personnes sont emprisonnées pour avoir envoyé des articles sur Internet…
Traduction de mariesophie, source Frontline/World Stories
Videos : Forbidden Iran
En janvier 2008, le magazine “Zanan” (signifiant “femmes” en persan) dirigé par des femmes et jugé comme montrant une mauvaise image de la société iranienne a été interdit de publication, alors que ce mensuel était considéré comme un magazine plutôt modéré qui évitait prudemment les sujets politiques et se concentrait exclusivement sur des questions concernant les femmes. (A lire ICI)
Les droits des femmes en Iran – Show télévisé 2007 pour toutes les femmes















