La troisième Rencontre des économies majeures sur l’énergie et le climat (MEM), qui se tient à Paris depuis hier et jusqu’à ce soir, regroupe seize pays représentant 80 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone et a pour objectif de faire progresser les discussions concernant les changements climatiques. Cette rencontre vise notamment à préparer la conférence de Copenhague de décembre 2009 qui sera précédée par la conférence de Poznan en décembre prochain.

Photo Reuters
Mercredi 16 avril, avant la réunion à Paris des grandes puissances économiques, le président George Bush, avait exposé, sa nouvelle stratégie dans la lutte contre le réchauffement climatique : arrêter l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre aux Etats Unis d’ici à 2025, notamment en demandant aux centrales électriques de réduire leurs émissions polluantes. Des propositions vagues, sans chiffres concrets, coupant court à toute discussion. Il a signalé, en outre : “une mauvaise législation imposerait à notre économie et aux familles américaines des coûts terribles, sans pour autant atteindre les objectifs de changement climatique que nous partageons tous”.
Ce qui paraît clair, c’est que les Etats-Unis, responsables de 25% des émissions de CO2 avec une population inférieure à 5% de la population mondiale ne comptent pas s’engager si la Chine et l’Inde ne le font pas ! M. Bush s’appuie, notamment, sur le fait que les émissions de son pays ont diminué de 1,1 % en 2006 par rapport à 2005. Mais selon certaines études très récentes, les émissions de la Chine auraient rejoint – voire dépassé – celles des Etats-Unis.

Les 15 plus gros pays émetteurs de CO2 dans le Monde
Infographie Le Monde, 17/04/08
La position de G. Bush n’a pas du tout convaincu ses partenaires et Stavros Dimas, commissaire européen à l’environnement, a déclaré au Monde que “ce que propose le président Bush ne contribue pas réellement à la lutte contre le changement climatique et ne répond pas à ce que la science nous dit sur l’urgence d’agir”. “Nous avons besoin d’objectifs beaucoup plus ambitieux de la part des pays développés”, a-t-il ajouté. Rappelons que l’Union européenne s’est, elle, engagée à réduire de 20 %, voire 30%, ses émissions en 2020.
Les pays émergents ont également réagi par la voix du ministre sud-africain de l’environnement, Marthinus van Schalwyk, en soulignant que les grands pays du Sud n’accepteront de contrôler leurs émissions de gaz à effet de serre que si les Etats-Unis s’engagent à un niveau supérieur au leur.
La discussion semble dans limpasse jusqu’à l’élection du prochain président des Etats-Unis…
Ce matin, le président Sarkozy a prononcé un discours que certains ont trouvé “mou” et “timoré” . Cependant il a déclaré que la lutte pour la défense du climat doit aller de pair avec celle contre la pauvreté et la faim, en annonçant un doublement de l’aide française (60 M d’euros dès cette année) pour faire face à la crise alimentaire.
Rappel : Le groupe international d’experts sur le climat (GIEC/IPCC) estime que jusqu’à 3,2 milliards d’humains seront exposés à des pénuries d’eau et 600 millions à la faim en raison des sécheresses et de la dégradation des sols d’ici 2080.
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