Menaces sur les récifs coralliens


La survie des récifs coralliens dans le monde sera gravement menacée d’ici 2050 par l’augmentation actuelle des émissions de gaz carbonique (CO2) d’origine humaine, qui acidifient les océans, selon une étude publiée jeudi aux Etats-Unis.

 

3609036939-la-survie-des-recifs-coralliens-tres-menacee-par-l-augmentation.jpg
AFP
Dans un article du journal du monde Stéphane Foucart (San Francisco, envoyé spécial) pose la question : 2050, un monde dans barrières de corail ?
C’est l’un des effets du changement climatique les plus méconnus du grand public. Pourtant, l’acidification des océans – inexorable – aura des conséquences au moins aussi importantes que le réchauffement moyen de l’atmosphère. Si rien ne vient freiner l’évolution actuelle, la totalité des récifs coralliens se sera effondrée entre le milieu et la fin du siècle, ont annoncé océanographes et biologistes, le 13 décembre, au congrès d’automne de l’American Geophysical Union (San Francisco, Californie).

En résultera l’asphyxie des écosystèmes côtiers inféodés à ces récifs qui, selon les Nations unies, assurent la survie de 100 millions d’individus par le biais de la pêche ou des revenus du tourisme.

Un tiers des émissions anthropiques de CO2 est absorbé par les océans. D’où une acidification des eaux de surface, une baisse de leur concentration en carbonates et la fragilisation des organismes utilisant ce calcaire en suspension pour construire leur squelette.

Le fait était connu. « Mais la plupart des précédentes études ont été menées sur la base de données obtenues en aquarium », explique Ken Caldeira (Stanford, Californie), coauteur des travaux annoncés au congrès et publiés le 14 décembre dans la revue Science, sous la bannière de l’université de Queensland (Brisbane, Australie). « Nous nous fondons au contraire sur des données obtenues dans « le monde réel », où il existe une compétition entre organismes et où survivre est plus difficile. »

Les chercheurs ont corrélé les caractéristiques chimiques et physiques de l’eau, recueillie dans plusieurs milieux naturels, avec la vitalité du corail. En s’appuyant sur les scénarios du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), ils ont simulé l’évolution de ces paramètres sur les océans.

Lorsque la température globale terrestre aura augmenté de 2 °C (scénario « optimiste » imaginé par le GIEC) et que le taux de CO2 atmosphérique aura atteint 550 parties par million (ppm) – contre 380 ppm aujourd’hui et 270 ppm à l’ère préindustrielle -, il ne restera aucune zone propice à la survie et au développement des coraux. Ceux-ci devraient donc avoir commencé à décliner massivement d’ici à 2050 et avoir tout à fait disparu en 2100.

A moins d’envisager une adaptation de ces organismes à ces nouvelles conditions de vie – hypothèse sur laquelle la science n’est pas encore bien documentée.

LE MONDE | 15.12.07 Article paru dans l’édition du 16.12.07.

A lire également : Les coraux pourraient disparaître complètement avant la fin de ce siècle

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.