Réchauffement climatique et cyclones


Les Nations Unies viennent de déclarer l’année 2008 comme « Année Internationale de la Planète Terre » (International Year of Planet Earth). Le but de cette action est d’augmenter et d’attirer vraiment l’attention sur « la conscience publique et la politique mondiale de l’énorme (mais souvent sous-utilisé) potentiel des sciences de La Terre pour améliorer la qualité de la vie et sauvegarder la planète ».

Les impacts sur notre qualité de la vie et l’avenir de la planète motivent bien sûr la recherche sur l’expansion climatique de la région intertropicale. Mais le but de la recherche est également d’aller au-delà de l’aspect scientifique afin d’aider les pays les plus touchés à préserver leurs vies et leur habitat.

Suite au cyclone Ivan très destructeur qui vient de ravager l’île de Madagascar, on peut se poser la question suivante : existe-t-il un réel lien entre réchauffement climatique et cyclones ?

Dégâts du cyclone Ivan à Madagascar du côté de FASAN’NY KARANA

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Photo Avylavitra

Une des priorités les plus importantes est de déterminer les futures variations climatiques, les changements de fréquences et d’intensités des phénomènes cycloniques et surtout de cibler les régions qui pourront être victimes d’événements extrêmes.

Dans son rapport de 2007, le groupe de travail I du GIEC (IPCC), souligne qu’une plus grande confiance peut-être accordée dans les modèles de réchauffement et d’autres caractéristiques à échelle régionale, comme les changements de modèles de vent, de précipitations et quelques phénomènes extrêmes.

Notamment, sur le point qui nous concerne ici, il est probable que les futurs cyclones tropicaux, dont l’étude est basée sur une gamme de modèles, deviendront plus intenses, présenteront des vitesses de vent maximales beaucoup plus importantes et des précipitations plus abondantes du type de celles observées lors des derniers cyclones de catégorie 3 et 4.

Schéma de projections de changements des précipitations :
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Cliquez pour agrandir Source : IPCC, rapport du groupeI de travail

Explication du shéma : Changements relatifs des précipitations (en %) durant la période 2090-2099, en fonction de données de 1980-1999. Les valeurs sont des moyennes multi-modèles basées sur le scénario A1B pour les périodes de décembre à février (à gauche) et de juin à août (à droite).

Par contre, les experts du GIEC restent encore sceptiques sur les prévisions d’une diminution du nombre de ces cyclones tropicaux. L’augmentation apparente de la proportion de phénomènes très intenses depuis 1970 dans certaines régions est beaucoup plus grande que ce qui apparaît dans les simulations des modèles actuels durant cette période. Mais la cause n’en est pas expliquée.

Projections pour les températures en surface :

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Cliquez pour agrandir Source : IPCC, rapport du groupeI de travail

Les températures superficielles prévues devrait changer durant le XXIe siècle selon les données de la période de 1980-1999.

Un glossaire en français est disponible ici en format pdf : ar4-wg1-annex-fr.pdf

Impacts sur les populations et leurs activités :

impacts_groupe2.jpg
Cliquez pour agrandir Source : IPCC, rapport du groupeII de travail

Le problème le plus urgent est donc de trouver des possibilités d’adaptation aux changements climatiques permettant de réduire la vulnérabilité des populations et de leur milieu. Comme il est possible de le comprendre sur le tableau ci-dessus, les impacts vont aller en augmentant avec la hausse de la température moyenne mondiale, en sachant que plus la température en surface des océans est élévée, plus le risque de cyclones de forte intensité sera grand. C’est pourquoi, en ce qui concerne les pays en développement, en grande majorité situés dans la zone inter-tropicale, la disponibilité des ressources et la capacité d’adaptation revêtent une importance extrême.

La synthèse, pour le moment, serait la suivante :

Il existe certes des liens entre le réchauffement climatique et les cyclones. En effet, les cyclones tropicaux se développent au-dessus des mers où la température est chaude, et précisément dans les régions tropicales où on observe le développement d’anomalies au niveau de la température de la mer, depuis une trentaine d’années. Actuellement, la plupart des études de la communauté scientifique montrent qu’avec le réchauffement de la planète ce n’est pas le nombre de cyclones qui augmente, mais leur puissance. En effet, plus l’humidité est importante en région tropicale, plus la mer est chaude et permettra la formation de cyclones intenses. Or, le réchauffement climatique entraîne une amplitude thermique plus importante entre les basses et les hautes couches de l’atmosphère permettant d’augmenter l’énergie dégagée par les cyclones. Cependant, comme le signale le groupe I de travail de l’IPCC, il reste encore difficile de trouver des modèles adaptés permettant d’affirmer les impacts réels et surtout, en dépit des études faites à partir des images satellites, il reste encore très difficile d’évaluer les trajectoires exactes des cyclones à 24 ou 48 heures.

Aucun consensus n’existe donc au sein de la communauté scientifique sur l’influence du réchauffement climatique dans l’activité des cyclones. Il existe un manque de recul pour savoir si l’actuelle augmentation de la fréquence des cyclones de catégorie 4 ou 5 représente une tendance forte ou résulte d’une simple fluctuation naturelle, même si l’élément température des océans est directement lié au réchauffement climatique car le facteur vent joue également un rôle important dans le renforcement des cyclones.

6 réflexions sur “Réchauffement climatique et cyclones

  1. Comme quoi le moindre petit geste peut avoir un impact important sur notre planète. Maintenant, il faudrait trouver des solution pour les réparer ce qui risque d’être dur.

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  2. Si j’ai bien compris ils ont fait une projection de la temperature, d’un siecle ?? C plutot long comme interval non? ma premiere reaction c q’on ne peut pas etre aussi sur de ces resultats. Est ce q’on voir leurs modeles?

    aussi,
    « En effet, plus l’humidité est importante en région tropicale, plus la mer est chaude et permettra la formation de cyclones intenses. »

    oh la la, je savais q c’etait une tres mauvaise idee de cultiver des arbres 8) Ce pays est tres maudit, on doit choisir entre secheresse et cyclone 😛

    super, ton article 🙂

    J'aime

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