Prévention cyclonique (2) : comment ?


Comment mettre en place une bonne prévention cyclonique. Dans les pays disposant de moyens efficaces, la chose est devenue relativement facile, bien que des dégâts subsistent, rien ne pouvant être réalisé pour contrecarrer des dégâts relativement importants.

Cependant, quelque soient les lieux de développement des cyclones des consignes prioritaires se doivent d’être respectées, à condition, bien sûr, que les autorités publiques soient en mesure d’annoncer à l’avance l’arrivée de ces phénomènes dévastateurs.  Impuissant face à l’arrivée d’un cyclone, l’Homme peut toutefois en prévenir les risques notamment grâce à la surveillance météorologique et à l’alerte de la population, ainsi que par des mesures d’ordre réglementaire et constructif.

La surveillance météorologique est une mission fondamentale dans la prévention du risque cyclonique. L’Organisation météorologique mondiale, qui coordonne la veille cyclonique au plan international, a désigné dans chaque bassin océanique un centre météorologique régional spécialisé (CMRS).

En effet, Les CMRS sont au nombre de cinq :
– Miami (océan Atlantique nord et océan Pacifique nord-est) ;
– Tokyo (océan Pacifique nord) ;
– New-Delhi (golfe du Bengale et mer d’Oman) ;
– Fidji (océan Pacifique sud-ouest) ;
– Saint-Denis-de-la-Réunion (sud-ouest de l’océan Indien).

Les CMRS dans le monde :

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Source : NOAA 


Ces centres ont pour vocation de détecter les phénomènes dès que possible, de prévoir leur évolution (intensification éventuelle, trajectoire) et de diffuser des messages à tous les centres météorologiques de la région concernée (le relais est alors donné aux services météorologiques nationaux).

L’Observation Globale de l’Organisation de la Météorologie Mondiale (WMO) permet l’observation et le ramassage de données climatiques autour du globe.

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Grâce à ce système, des données sont rassemblées par 14 satellites, des centaines de bouées océaniques, des avions chasseurs de cyclones, des bateaux et presque 10 000 stations terrestres. Plus de 50 000 rapports météos et plusieurs milliers de représentations graphiques de planification numériques sont dispatchées quotidiennement dans les centres météos interconnectés autour du globe. Mais, toutes ces prévisions doivent être utilisées avec beaucoup d’anticipations afin de préparer les acteurs des pays et les populations avant l’arrivée des phénomènes cycloniques.

Par ailleurs, huit pays d’Afrique australe et de l’océan Indien, fréquemment affectés par des cyclones et des inondations, ont convenu récemment de développer leur coopération pour prévenir ces catastrophes naturelles. En 2007, des inondations et vents violents dus aux pluies torrentielles et aux cyclones ont détruit les moyens de subsistance de plus d’un million de personnes dans la région. Ces pays sont l’Afrique du Sud, les Comores, Madagascar, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe. L’Afrique du Sud et Madagascar ont déjà concrétisé leur engagement à développer cette coopération en signant un accord sur l’échange de ressources humaines et techniques, dans la perspective de la saison cyclonique de début 2008. (Source)

L’information préventive doit s’apliquer par l’intermédiaire du droit à l’information générale sur les risques majeurs. Chaque citoyen doit prendre conscience de sa propre vulnérabilité face aux risques et pouvoir l’évaluer pour la minimiser. Pour cela il est primordial de se tenir informé sur la nature des risques qui nous menacent, ainsi que sur les consignes de comportement à adopter en cas d’événement. Cette culture du risque cyclonique, qui s’est progressivement développée aux Antilles françaises et à la Réunion, par exemple, a permis, au cours des derniers événements ayant touché ces régions, de réduire presque totalement le nombre de victimes.

L’alerte cyclonique est souvent ce qui, hélas fait défaut dans les pays en développement. L’efficacité des mesures préventives nécessite de pouvoir répercuter, rapidement et efficacement, les informations apportées par la surveillance météorologique (évolution et intensité du phénomène) aux autorités administratives et à la population concernées.

Ces alertes sont au nombre de 5 en moyenne dans les CMRS :

  • la mise en garde des services administratifs : elle n’est pas diffusée au public, car elle intervient alors que le phénomène est encore situé à 72 h environ et que la probabilité qu’il touche la zone concernée est encore faible ;
  • la phase de vigilance, déclenchée 48 h à 72 h avant l’arrivée probable du phénomène. Elle fait l’objet d’une diffusion au public par tous les moyens médiatiques disponibles et constitue pour chacun une mise en garde ;
  • la phase de pré-alerte : le danger cyclonique est proche (24 h à 36 h avant les vents violents) ; la population doit se préparer ;
  • la phase d’alerte : déclenchée 6 h à 8 h avant les vents forts, elle implique la cessation de toute activité et la mise à l’abri immédiate de la population ;
  • la phase de confinement : le cyclone passe sur zone ; toute circulation est interdite.

Ce genre d’alertes nécessite des services fortement organisés et c’est sur ce point que l’aide internationale devrait intervenir auprès des pays où les catastrophes humaines et les dégâts matériels sont les plus importants.

Il est claire que des mesures en amont doivent être prise comme

Les mesures de prévention d’ordre constructive :

– le respect des normes de construction en vigueur prenant en compte les effets dus aux vents ;

– des mesures portant sur les abords immédiats de l’édifice construit (élagage ou abattage des arbres les plus proches, suppression d’objets susceptibles d’être projetés, etc.) ;

– une implantation des constructions en dehors des zones particulièrement vulnérables (en bordure de littoral, dans des secteurs exposés à un aléa torrentiel ou de glissement de terrain, sous les lignes électriques à haute tension, etc).

Ces mesures de prévention sont certainement les plus difficiles à appliquer dans les pays les plus pauvres qui, en raison de l’absence d’un plan d’urbanisme concret et efficace restent très vulnérables à ces aléas. Ne pas oublier non plus qu’avec le réchauffement climatique, il est possible que l’intensité des phénomènes cycloniques augmente (cf. article « Réchauffement climatique et cyclones« ).

En complément, à lire ICI le rôle de la WMO dans la réduction des désastres internationaux (IDR)

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