Accroître la prévention des catastrophes naturelles dans le cadre du changement climatique


A partir du bilan 2007 sur les catastrophes naturelles, il nous est apparu important de replacer ces évènements dans le cadre du changement climatique et des données actuelles fournies par le rapport du Groupe 2 du GIEC/IPCC

Etat actuel

Selon un rapport de l’ISDR (Stratégie internationale de prévention des catastrophes) paru en janvier 2008, l’année 2007 a connu une forte augmentation du nombre d’inondations dans le monde, avec plus de 164 millions de personnes touchées. Les responsables de l’ISDR rappellent, à cette occasion, la nécessité d’investir dans les mesures de prévention.

La campagne mondiale pour la prévention des catastrophes en 2006-2007 était orientée vers la prévention en milieu scolaire : « La réduction des risques de catastrophe commence à l’école ». Cette campagne visait à informer et à mobiliser les gouvernements, les communautés et les individus pour que la réduction des risques de catastrophe fasse, dans les pays à hauts risques, partie intégrante des programmes d’enseignement, et que les bâtiments scolaires soient construits ou renforcés pour résister aux aléas naturels.

Bangladesh, Août 2007 : préparation communautaire en prévision des catastrophes

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Des élèves suivent un cours au centre de prévention anticyclonique de Khajura. L’abri fait aussi office d’école en temps de crise. Ce district est le plus exposé aux cyclones du Golfe du Bengale, réputé pour la violence des ouragans qui le frappent chaque année entre les mois de mai et de décembre.
Photo: Shehab Uddin/Drik/Croix-Rouge

2007 a connu une forte augmentation du nombre d’inondations dans le monde, avec plus de 164 millions de personnes touchées. L’ISDR rappelle, à nouveau, « la nécessité d’investir dans les mesures de prévention… et souligne qu’avec 399 catastrophes enregistrées, l’année 2007 a connu une légère augmentation par rapport à la moyenne enregistrée sur la période 2000-2006″.

Cependant, l’année 2007 a surtout été marquée par une augmentation des inondations et du nombre de personnes affectées par ce type de catastrophe : « sur les 197 millions touchés par des catastrophes, plus de 164 l’ont été par des inondations, en particulier en Chine aux mois de juin et juillet derniers. Par ailleurs, les catastrophes ont eu un impact économique important dans les pays développés, notamment au Japon (12.5 milliards de dollars pour le tremblement de terre de juillet)« .

Inondations en Chine (Sichuan)

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Photo utilisateur N°123 de Moobol, Global Voices

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Photo AP

Le Bangladesh a subi les deux catastrophes les plus graves, avec le cyclone Sidr en novembre (4.234 morts) et les inondations de l’été (1.110 morts). Plus généralement, l’Asie a été de loin la plus touchée par les catastrophes. Le continent a subi huit des dix événements les plus graves.
Cyclone Sidr au Bangladesh
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Photo AFP

« Ces chiffres nous rappellent ce qui aurait pu être sauvé si nous avions investi davantage dans des mesures de prévention des catastrophes », a déclaré Salvano Briceño, le directeur de l’ISDR. Il a aussi affirmé que « si les coûts financiers des catastrophes dans les zones plus pauvres étaient moindres, le coût social pouvait être beaucoup plus élevé à long-terme. Les plus pauvres n’ont pas de `filets de sécurité´, il faut donc accroître la capacité de récupération des plus vulnérables« , a-t-il ajouté.

Il est clair, qu’à travers ce rapport, les prévisions du GIEC-IPCC se révèlent exactes en termes d’intensité des phénomènes. En effet, les tendances actuelles en Asie sont conformes aux prévisions du GIEC ; de même, l’ouest de l’Afrique souffre déjà d’inondations plus fréquentes et violentes.

A voir : diaporama des catastrophes de 2007 « 20minutes.fr« 

Regard vers le futur

Au cours du XXIe siècle, les impacts sur les systèmes naturels seront nombreux. Comme le souligne le groupe 2 du GIEC/IPCC dans son rapport de 2007 :

« Les observations effectuées sur tous les continents et la plupart des océans prouvent que de nombreux systèmes naturels sont affectés par les changements climatiques régionaux, en particulier les augmentations de température.« 

« Des informations plus pointues sur la nature des impacts futurs sont maintenant disponibles pour une vaste gamme de systèmes et secteurs, dont certains n’étaient pas couverts par les évaluations précédentes« .

– changements dans les précipitations ainsi que dans la fonte des glaces et des neiges vont augmenter les risques d’inondation dans certaines régions et provoquer des sècheresses dans d’autres.

– Les personnes les plus pauvres sont généralement les plus vulnérables et le resteront, en raison de leur capacité d’adaptation faible et de leurs moyens d’existence dépendant en majeur partie de ressources qui sont liées au climat. C’est notamment le cas de l’Afrique. Cependant, sur tous les continents, l’approvisionnement en eau et les menaces d’inondations pèseront très lourd.

– Mais les impacts dépendront de l’ampleur de l’augmentation des températures.

Changement des températures mondiales Période 1980-1999

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Ce tableau permet d’extrapoler, la gravité et la fréquence des sécheresses, les vagues de chaleur et autres événements climatiques extrêmes qui coûteront de plus en plus chers en termes de prévention et d’interventions suite aux catastrophes.

– Par ailleurs, la disponibilité en eau et le débit fluvial moyen devraient augmenter aux hautes latitudes et dans certaines régions tropicales humides, et diminuer dans certaines régions sèches aux latitudes moyennes et dans les régions tropicales sèches. Il est probable que la sécheresse touchera des zones plus vastes et nombreuses, tandis que les fortes précipitations se feront plus fréquentes, augmentant les risques d’inondation. La quantité d’eau stockée dans les glaciers et la couverture neigeuse devraient diminuer, réduisant ainsi la disponibilité en eau dans des régions où vit actuellement un sixième de la population mondiale.

– Au niveau mondial, le potentiel de production alimentaire pourrait s’accroître si les températures locales moyennes augmentent de 1 à 3°C, mais diminuerait si les températures devaient augmenter davantage. En cas de réchauffement modeste, les méthodes agricoles à faible, moyenne et haute latitude pourraient être adaptées de façon à maintenir les rendements. Mais la productivité des cultures devrait diminuer aux latitudes plus basses si aucune adaptation n’est mise en place, même en cas de faible réchauffement local, ce qui augmenterait le risque de famine. En ce qui concerne les pêches et l’aquaculture, un réchauffement soutenu devrait avoir des effets défavorables sur les différentes espèces.

– Les côtes seront de plus en plus exposées à l’érosion et à l’élévation du niveau des mers. Les écosystèmes côtiers tels que les récifs coralliens, les zones humides et les mangroves, seront particulièrement touchés. Ces conséquences seront aggravées par l’accroissement des contraintes exercées sur les zones littorales par les activités humaines. D’ici 2080, des millions de personnes supplémentaires seront probablement inondées chaque année suite à l’élévation du niveau de la mer. Le risque est particulièrement élevé pour les régions basses à forte densité de population, dont la capacité d’adaptation est

relativement faible et qui ont déjà à faire face à des défis tels que les tempêtes tropicales ou l’affaissement local des côtes. Les habitants des méga-deltas d’Asie et d’Afrique seront plus nombreux à souffrir, mais les petites îles sont particulièrement vulnérables.

– Tous ces impacts auront d’énormes conséquences dans le domaine de la santé : augmentation de la malnutrition ; des maladies et des décès liés aux vagues de chaleur, aux inondations, aux tempêtes, aux incendies et aux sécheresses ; des maladies diarrhéiques chroniques plus fréquentes ; augmentation de la charge sanitaire ; modification de la distribution spatiale de certaines maladies infectieuses.

Certaines régions du monde risquent d’être touchées assez rapidement :

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Rapport IPCC  Groupe 2

« Les incidences des changements climatiques varieront selon les régions, mais globalement, par rapport à aujourd’hui, elles imposeront très probablement des coûts annuels nets qui iront croissant à mesure de la hausse des températures à l’échelle planétaire« .

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Source IPCC

– Le continent africain est particulièrement vulnérable au changement climatique, à cause des pressions existantes sur ses écosystèmes et de sa faible capacité d’adaptation. D’ici 2020, entre 75 et 250 millions de personnes devraient souffrir de pénuries en eau de plus en plus fréquentes. La production agricole et les ressources halieutiques devraient diminuer, entraînant une réduction des ressources alimentaires et une augmentation de la malnutrition.

– En Asie, le changement climatique devrait augmenter les pressions existantes sur les ressources naturelles et l’environnement et donc constituer un obstacle au développement durable. En l’Himalaya, la fonte des glaciers devrait provoquer davantage d’inondations et d’avalanches rocheuses, et affecter les ressources en eau au cours des deux à trois prochaines décennies. Les quantités d’eau douce disponible seront de plus en plus faibles, à la fois en raison du changement climatique et de la croissance démographique. Les zones côtières très peuplées seront les plus menacées en raison de l’augmentation des inondations. D’ici 2050, le rendement des cultures pourrait s’améliorer en Asie de l’Est et du Sud-Est alors qu’il pourrait diminuer en Asie centrale et du Sud. Suite à l’augmentation des inondations et des sécheresses, les problèmes sanitaires et les décès dus à la diarrhée devraient augmenter.

– En Australie et en Nouvelle-Zélande, une importante diminution de biodiversité devrait se produire dans certains sites écologiquement riches, tels que la grande barrière de corail. Les problèmes liés à la disponibilité en eau douce devraient s’intensifier et la production agricole et forestière devrait diminuer en raison de l’augmentation des sècheresses et des incendies. D’ici 2050, les risques liés à l’élévation du niveau des mers ainsi qu’aux tempêtes et inondations côtières (de plus en plus graves et de plus en plus fréquentes) devraient augmenter en raison du développement en cours des côtes et de la croissance démographique. La région possède une grande capacité d’adaptation en raison de sa solide économie et de ses ressources scientifiques et techniques avancées, mais les systèmes naturels ne peuvent s’adapter que jusqu’à un certain point.

– En Europe, toute une série d’impacts des changements dans le climat actuel a déjà pu être observée : recul des glaciers, saisons de croissance des cultures plus longues, changements dans la répartition géographique des espèces ou encore problèmes de santé en raison d’une vague de chaleur sans précédent. D’après les prévisions, la quasi-totalité des régions européennes pâtiront du changement climatique, ce qui aura comme résultat d’accroître les différences régionales en termes de ressources naturelles et de biens, donc des répercussions économiques. Les risques sanitaires liés aux canicules devraient augmenter en Europe du Sud, en Europe centrale et en Europe de l’Est.

Parmi les autres impacts négatifs attendus : risques accrus d’inondations côtières et des terres intérieures, extinctions importantes d’espèces dans les zones montagneuses.

En Europe du Nord, le changement climatique devrait être bénéfique dans un premier temps, par exemple à travers une baisse de la demande en chauffage. Mais il est probable que les effets négatifs finissent par l’emporter à mesure que le changement climatique se poursuit.

– En Amérique latine : aridité accrue des sols en raison du réchauffement climatique qui pourrait entraîner une disparition progressive des forêts tropicales au profit de la savane ; salinisation et désertification des terres agricoles. Il existe donc un risque important d’extinction d’espèces dans de nombreuses régions tropicales. La fonte et l’éventuelle disparition des glaciers et les modifications au niveau des régimes de précipitation devraient considérablement affecter la disponibilité en eau pour la consommation humaine, l’agriculture et la production d’énergie. Certains pays ont fait des efforts d’adaptation, par le biais de la conservation des écosystèmes, l’utilisation des systèmes d’alerte précoce, etc. Cependant, l’efficacité de ces efforts ne suffira pas face aux contraintes technologiques, financières, politiques et sociales.

– En Amérique du Nord, le réchauffement climatique dans les montagnes de l’ouest devrait provoquer davantage d’inondations en hiver et diminuer le débit des cours d’eau en été. Un changement climatique modéré dans les décennies à venir devrait accroître de 5 à 20% le rendement global des terres agricoles dépendant des pluies, mais les défis majeurs concernent avant tout les cultures pour lesquelles la limite de chaleur supportable est sur le point d’être dépassée. Les organismes nuisibles, les maladies et les incendies devraient avoir des répercussions de plus en plus fortes sur les forêts. Les villes qui souffrent actuellement de vagues de chaleur devraient voir celles-ci augmenter en nombre, en intensité et en durée. Dans les zones côtières du sud, la croissance des populations rend ces populations plus vulnérables aux tempêtes tropicales, qui pourraient quant à elles gagner en intensité.

– Dans les régions polaires, le principal impact prévu est une réduction de l’épaisseur et de l’étendue des glaciers, des calottes glaciaires, de la banquise et du permafrost, ce qui a des conséquences sur les infrastructures, les écosystèmes et les modes de vie traditionnels.

– Les petites îles sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique, à l’élévation du niveau des mers et aux phénomènes météorologiques extrêmes. Il existe pour ces îles des risques d’érosion côtière, d’inondations, de marées de tempête, qui pourraient nuire au tourisme et affecter les moyens de subsistance des communautés locales. Le changement climatique pourrait également provoquer une réduction des ressources en eau et accroître le risque d’invasion d’espèces non endémiques.

« Les possibilités d’adaptation sont nombreuses à l’heure actuelle, mais pour réduire la vulnérabilité au changement climatique futur il est impératif d’en élargir la fourchette. Il existe des obstacles, des limitations et des coûts, mais ceux-ci ne sont pas parfaitement compris.

La vulnérabilité future ne dépend pas uniquement des changements climatiques, mais également des modes de développement« .

Ce post a été rédigé à partir des sources suivantes :

Résumé du rapport IPCC du groupe 2 « Impacts, Adaptation and Vulnerability »

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Publications Green Facts « Facts on health and the environment » (Clear Summaries of Scientific Consensus reports, published under the authority of the GreenFacts Scientific Board composed of independent experts.)

et à partir des évènements de l’année 2007

 

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