Anjouan 2008 : situation et enjeux


Mercredi 26 mars, selon le porte-parole de l’Armée nationale de développement (AND) comorienne et des habitants interrogés par l’AFP :

1) Les troupes étaient en opération pour nettoyer le secteur de la présidence de Mohamed Bacar et sécuriser la zone ce qui qui expliquerait les tirs entendus dans la zone de Ouani, à environ 3 km au nord de la capitale Mutsamudu. Par ailleurs, un bateau armé d’un canon lourd de l’armée fédérale comorienne et des troupes mandatées par l’Union africaine (UA) se rapprochait de la côte devant Ouani apparemment pour participer au bombardement.

photo_1206467699817-2-0.jpg

2) Une forte tension régnait à Mutsamudu, où des tirs étaient entendus sur les hauteurs de la médina. Une colonne d’une centaine de soldats tanzaniens avançaient vers cette zone dans une apparente opération de ratissage, selon un journaliste de l’AFP. Une certaine tension était ressentie au sein de certains quartiers de la ville entre pro et anti-Bacar.

3) Contrairement à ce qui était annoncé hier, depuis le début de l’opération, on compte au moins 8 civils ont été blessés par balles et par éclats d’obus, une source médicale d’Anjouan. Trois civils ont été acheminés par ambulance mercredi matin au centre hospitalier régional d’Anjouan, situé à Hombo, dans la banlieue de Mutsamudu, selon un journaliste de l’AFP. Parmi ces personnes, toutes originaires de Ouani et blessées, figuraient notamment une petite fille et une jeune fille blessée au bras.

4) Le colonel Mohamed Bacar reste introuvable alors que la majorité de l’île d’Anjouan est aux mains des soldats de l’Union comorienne et de l’UA ; un des vices présidents de l’Union, Ikililou Dhoinine, a été désigné pour administrer l’île provisoirement.

photo01.jpg

On peut, dores et déjà, se poser la question des enjeux qui poussent l’armée comorienne et les militaires de l’Union africaine à intervenir…

La crise politique se déroulant actuellement aux Comores est à la fois politique et économique. En décembre 2001, après de longues tergiversations l’Union des Comores voit le jour avec un système d’autonomie pour chacune des trois iles. Mais, entre temps, le colonel Mohamed Bacar est arrivé au pouvoir en 2001 par un coup d’Etat puis, élu président d’Anjouan en 2002 et réélu en 2007. Cette réélection a été fort contestée, non seulement au niveau de l’archipel mais aussi de l’Union africaine, confirmant la forte instabilité de l’Union comorienne.

Anjouan, une perspective historique

Des enjeux économiques sont également à prendre en compte et notamment le fait que Anjouan possède le port en eaux profondes de l’archipel où tous les porte-conteneurs transitent, le port percevant une taxe qui n’est pas reversée au gouvernement de l’Union comorienne.

Mais dans un premier temps, il s’agit de rétablir par la force, l’ordre légal et constitutionnel, ordre issu d’élections démocratiques.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s