Archipel des Comores 2008 : Anjouan en crise


Le 14 mars 2008, alors que les anjouanais se préparaient à un énième coup d’Etat, le président auto-proclamé de l’île autonome d’Anjouan, Mohamed Bacar déclarait à France 24 :

« Je compte rester voir ceux qui me combattent, boire une tasse de thé avec eux ici, et leur expliquer que ce n’est pas par la kalachnikov que l’on gagne, mais par la sagesse et la responsabilité ».

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Mohamed Bacar, photo France24

Si le but de cette intervention de l’Union des Comores à Anjouan avec l’aide des forces armées de l’Union Africaine est de renverser Mohamed Bacar et de procéder à de nouvelles élections en mai 2008, il est aussi d’arrêter et de traduire en justice le président de l’île d’Anjouan pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Dès le 20 mars, un premier contingent de forces armées de l’UA (environ 1 350 soldats tanzaniens et soudanais) a débarqué à Mohéli, la plus petite île de l’archipel (45 000 habitants) pour soutenir les 400 comoriens s’y trouvant déjà depuis plus d’un mois et demi…
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Photo France 24

Au sein de l’UA, le groupe soutenant les Comores comprend la Tanzanie, la Libye, le Sénégal et le Soudan afin de soutenir la décision prise par le gouvernement de l’Union des Comores de restaurer son autorité à Anjouan. Par ailleurs, la France s’est dite prête à transporter des troupes de l’UA jusqu’aux Comores, dans le cadre d’une opération militaire contre l’île d’Anjouan. Cependant, bien qu’il existe un long passé entre la France et les Comores, la France ne participera pas au débarquement.

Rappelons qu’ Anjouan avait déjà fait sécession en 1997, avant de rentrer dans le giron des Comores fin 2001.

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Le président de l’Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi, Photo France 24

Lundi 24 mars, les autorités des Comores ont largué sur l’île d’Anjouan, au moyen d’hélicoptères, des tracts appelant les habitants à rester chez eux en raison de l’imminence d’un assaut et contenant le message suivant :

« La population est appelée à s’éloigner des zones côtières. L’armée aura recours à toute la puissance de feu dont elle dispose« 

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Photo France 24

Le gouvernement central accuse Bacar de visées sécessionnistes. Ce dernier dément poursuivre un tel but et affirme ne vouloir qu’une plus large autonomie. Le risque d’une attaque armée, pris par le gouvernement de l’Union comorienne peut sembler grand dans un pays où l’économie et le développement sont très en retard.

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Photo France 24

Mardi 25 mars, les opérations militaires sous le nom de « Démocratie aux Comores » ont débuté : bateau de pêche transformé en transport de troupes, tirs sporadiques, population en liesse… A la fin de cette première journée M. Bacar semble introuvable… et les militaires ont pu entrer sans résistance dans le palais présidentiel.

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Photo France 24

Mercredi 26 mars : Mohamed Bacar aurait été localisé.

Sources :

France 24

TV5

Le Monde

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Photos AFP-Le Monde

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Photo France 24

Avec l’attaque débutée dans la nuit de mardi dans l’île d’Anjouan, les Comores vivent une énième période de troubles. Franck Berruyer, grand reporter à FRANCE 24, s’est rendu sur place. Il nous livre ses impressions sur la situation.

Anjouan est, sans aucun doute, l’île de l’archipel dont l’histoire est la plus complexe et qui a fait face à de nombreuses interventions de ce genre depuis la décolonisation française en 1974. Rappelons qu’entre 1912 et 1974, l’archipel était un territoire d’outre-mer français et qu’en 1974, seule Mayotte a décidé de rester française. A partir de cette date les Comores ont été le terrain de nombreux coups d’Etat, puisant leur origine parmi des acteurs locaux, mais aussi issus de la France par l’intermédiaire de mercenaires comme Bob Denard. Lors des événements de 1997, Anjouan qui était auparavant pro-indépendance, demande son rattachement à la France, qui est d’ailleurs refusé pour des raisons économiques et politiques (la France ne voulant pas s’opposer à la République des Comores). Jusqu’à présent, les Comoriens tentaient le plus souvent de régler leurs problèmes en interne ; il est important de signaler que cette intervention est conduite conjointement avec l’Union africaine.

Par ailleurs, la population d’Anjouan a toujours été en majorité hostile à Mohamed Bacar : à Mutsamudu, la population est majoritairement d’origine chirazie (ancêtres venus d’Oman, de villes swahilies de la côte est-africaine) ce qui explique son soulagement à l’arrivée des militaires. Le président de l’Union comorienne, Ahmed Abdallah Sambi, originaire également d’Anjouan, est d’origine chirazie. (mariesophie)

Pour en savoir plus sur l’archipel des Comores : ICI

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