Zimbabwe : aux origines de la situation actuelle


En 1980, les Britanniques accordent l’indépendance à la Rhodésie du Sud qui prend le nom de Zimbabwe qui devient membre du Commonwealth. L’ancien chef de guérilla, Robert Mugabe est le nouveau Premier ministre. Mugabe affirmait alors vouloir se démarquer des exemples désastreux du Mozambique ou de la Tanzanie.

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Ses premières mesures furent l’augmentation générale des salaires et la mise en place de nouveaux programmes sociaux axés sur l’éducation et la santé.

En 1987, la constitution est modifiée et Robert Mugabe devient président du Zimbabwe le 31 décembre. A partir de 1990, le régime commence à se durcir et l’autoritarisme est visible à travers la répression entreprise contre tous ceux susceptibles d’animer un mouvement d’opposition, qu’ils soient blancs ou noirs. Une loi votée en 1992 permet à Mugabe de mettre en œuvre sa réforme agraire et de nationaliser la moitié des terres des 4 500 fermiers blancs qui possédaient à cette date encore 30% des terres cultivables dans le but officiel de les redistribuer aux centaines de milliers d’africains démunis. Cependant, l’erreur résidait dans le fait que seuls les grands domaines pouvaient être rentables pour un pays comme le Zimbabwe et pouvaient lui permettre son autosuffisance alimentaire ; erreur également au plan économique puisque les fermiers blancs réalisaient plus de la moitié du PIB.

En 2000, Mugabe est alors désavoué lors d’un référendum sur la réforme constitutionnelle mais est réélu en 2002. A cette époque, sur les 13 millions de Zimbabwéens, 9 millions – soit 7 habitants sur 10 – vivaient en-dessous du seuil de pauvreté, et 1 sur 2 était au chômage. 2002, marque le début confirmé de la dictature.

En 2003, le pays était au bord de la guerre civile avec un taux de chômage supérieur à 70% de la population active. La famine sévissait dans ce qui était autrefois le grenier à blé de l’Afrique australe. Des émeutes de la faim éclatèrent alors que les terres prises aux Blancs restaient en friche car les nouveaux fermiers Noirs manquaient de moyens et de connaissances pour les mettre en valeur.

Par ailleurs, depuis 2005, le respect des droits humains est fortement mis à mal, en particulier lorsque Mugabe décide de démolir les bidonvilles de la banlieue d’Harare, la capitale du pays. Ces bidonvilles étaient naturellement apparus lors de la grave crise économique, provoquant un fort exode rural vers les principales villes du pays.

En juillet 2005, ONU-Habitat rend un rapport qui dénonce cette opération :

« Pratiquement sans aucun avertissement, le gouvernement du Zimbabwe a lancé en mai 2005 une opération de « nettoyage » des villes. L’« Opération Murambatsvina », baptisée « Rétablissement de l’ordre », a débuté à Harare, la capitale, et est rapidement devenue une campagne de démolitions et d’expulsions menée par la police et l’armée. Connue sous le nom populaire d’« Opération tsunami » en raison de sa rapidité et de sa furie, la campagne a abouti à la destruction d’habitations, de locaux d’entreprises et de magasins dans plusieurs parties du pays. »

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Photo ONU

« L’indépendance du Zimbabwe a eu lieu relativement tardivement, en 1980, avec des promesses de paix et de prospérité. Alors que le gouvernement a fourni des services sociaux, tels que l’éducation, les soins de santé et l’augmentation des salaires à la majorité de la population noire pendant les premières années d’indépendance, les problèmes socio-politiques et économiques sous-jacents n’ont pas été résolus et ont engendré une crise nationale. »

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Photo ONU

« L’Opération Rétablissement de l’ordre fut lancée. Ironiquement, alors que le gouvernement tentait de calmer la population rurale, il adoptait par ailleurs une approche élitiste en imposant des lois et des normes strictes aux citoyens urbains, en vertu desquelles de nombreux habitants se sont retrouvés dans une situation illégale. Les villes du Zimbabwe ont donc été largement épargnées par la croissance des bidonvilles et des habitats précaires sous-intégrés qui sont caractéristiques aux villes africaines. Les statistiques officielles compilées par ONU-Habitat montrent qu’en 2001, seulement 3,4 % de la population urbaine au Zimbabwe vivait dans les bidonvilles, un nombre nettement inférieur à celui de certains pays industrialisés dont 6,2 % de la population vit dans des conditions insalubres. »

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Photo ONU

Fin 2007, le pays présentait un chiffre officiel d’inflation de 8 000% (supérieur à 16 000% pour le FMI). Des centaines de milliers de Zimbabwéens quittent leur pays pour se réfugier en Afrique du Sud, au Bostwana ou au Mozambique…

C’est dans le contexte de ce pays en ruines économiquement et socialement que se déroulent aujourd’hui les élections présidentielles, législatives et municipales.

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