La crise au Zimbabwe : forte pression internationale


L’atmosphère est très tendue au Zimbabwe depuis les élections générales du 29 mars à l’issue incertaine. Les conséquences de cette tension sont multiples et touchent, en premier lieu, les habitants du pays, mettent à mal la situation régionale en Afrique australe et inquiète de plus en plus le monde occidental.

(AP Photo)

Patrouille de police dans le centre de Harare, jeudi 17 avril 2008. Le gouvernement en place a averti qu’il retirerait leurs licences aux chauffeurs de transports qui suivraient les appels de l’opposition à manifester pour la promulgation des résultats de l’élection présidentielle. Le gouvernement a essayé d’écraser la contestation politique après le vote du 29 mars.

La population du Zimbabwe ne sait plus où elle en est et des dizaines de personnes sont victimes de violences :

« Depuis les élections du 29 mars et jusqu’au 14 avril, les membres de l’Association zimbabwéenne des médecins pour les droits de l’Homme (ZADHR) ont soigné 157 cas de blessures résultant de violences organisées ou de tortures », selon un communiqué de l’association. (Jeune Afrique/AFP du 16 avril) L’association souligne que les blessés viennent aussi de Mudzi, à 200 km au nord-est de Harare.

Les blessures infligées : « sont typiques d’une posture de défense et sont causées quand la victime lève les mains et les bras pour protéger son visage et le haut de son corps d’une agression » selon la ZADHR qui ajoute que « Certaines personnes souffrent de blessures qui peuvent déboucher sur un handicap permanent« . (Jeune Afrique/AFP, 16 avril).

(AFP/File/Alexander Joe)

Comme le montre cette photo, de nombreuses familles sont également déplacées… Ici, une famille de la ville de Mutoko dans l’Est, déplacée par les membres du parti de ZANU-PF du Président Robert Mugabe suite aux élections générales, reçoit des aliments du MDC à Harare le 13 avril. En effet, la police du Zimbabwe a pris des mesures énergiques contre les opposants du régime.

Par ailleurs, une cinquantaine de membres de l’opposition zimbabwéenne ont été arrêtés depuis le début de la grève générale, mardi, selon le Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Cette grève a d’ailleurs été peu suivie, en raison du déploiement des troupes militaires et de la police…

Jeune Afrique signale que « Même dans le quartier de Chitungwiza, l’un des bastions de l’opposition dans la capitale, il n’y avait aucune trace du mouvement de grève. Rare preuve d’agitation: la carcasse d’un mini-bus restait visible dans le quartier ouvrier de Glen View (sud de la capitale). » Jeune Afrique/AFP

Photo (AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi)

Les organisations humanitaires doivent, elles aussi, réduire leurs actions par peur de représailles ; elles sont très souvent accusées de soutenir le MDC. Comme le souligne Sarah Jacobs (porte-parole de l’ONG Save The Children) depuis Johannesburg après une visite au Zimbabwe :

« Notre travail en direction des communautés est impossible actuellement, parce que l’essentiel de notre travail consiste à organiser des ateliers et des rencontres, et les grandes réunions ne sont pas conseillées en ce moment » ( Jeune Afrique/AFP)

La crise politique intervient dans un contexte économique des plus graves et les ONG sont dans l’impasse. Plus la crise politique durera, plus la situation humanitaire se dégradera.

Enfin, dans un contexte régional, l’Afrique australe ne peut pas se permettre d’accepter la crise du Zimbabwe. La montée de la violence dans le pays n’a pas seulement des incidences sur les populations zimbabwéennes mais peut avoir une influence négative sur tous les sud-africains. Un grand nombre de Zimbabwéens sont en Afrique du Sud, soutenant, par des manifestations, le MDC et il en rentre chaque jour de nouveaux dans ce pays, désirant échapper aux violences du gouvernement Mugabe.

Photo REUTERS/Mike Hutchings (SOUTH AFRICA) : des réfugiés du Zimbabwe manifestaient aujourd’hui à Cape Town contre le retard des résultats de l’élection présidentielle.

Photo REUTERS/Masimba Sasa (SOUTH AFRICA)

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a appelé mercredi l’Afrique australe à « une action décisive » au Zimbabwe. Devant les exactions de représsion perpétrées par les militaires et la police dans les villages « pro-MDC », une action conjointe de l’ONU et de l’Union africaine (UA) est impérative.

« Pendant ce temps, la cargaison d’un navire chinois qui transportait des armes à destination du Zimbabwe recevait le feu vert des douanes sud-africaines, après avoir été bloquée pendant deux jours au large du port de Durban. » Jeune Afrique/AFP le Zimbabwe étant soumis à un embargo sur les armes des pays occidentaux.

Ces évènements ont poussé Morgan Tsvangirai, candidat de l’opposition, à demander le changement du médiateur et la création d’un tribunal international pour juger les violations des droits de l’homme. Les puissances occidentales ont mis une véritable pression sur R. Mugabe, réclamant la fin des troubles :

« Jeudi 17 avril, la commission européenne a demandé la publication immédiate des résultats du scrutin, estimant que tout nouveau retard serait « inacceptable » et « serait perçu comme un blocage au processus démocratique dans le pays ». (Le Monde/AFP et Reuters)

L’Afrique du Sud, assez modérée jusqu’à présent a déclaré par la voix du porte-parole du gouvernement, Themba Maseko « Les Zimbabwéens doivent être informés des raisons qui empêchent la publication des résultats. Mais le plus important, c’est que ces résultats soient vérifiés et publiés le plus rapidement possible ». (Le Monde/AFP et Reuters).

On peut se demander ce qui va se passer lors des célébrations du 28e anniversaire de l’indépendance, demain…

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