5e sommet UE/ALC à Lima (Pérou)


Les dirigeants d’Amérique latine et de l’Union européenne étaient réunis hier pour le sommet intercontinental à Lima. Les discussions ont porté, en premier lieu, sur la question très controversée et très polémique des biocombustibles. Le Brésil est le deuxième producteur de biocombustibles après les Etat-Unis et le président Lula da Silva défend leur utilisation, y compris dans le contexte de la crise alimentaire mondiale, en déclarant hier à Lima :

« On veut décontaminer la planète, combattre le réchauffement global, signer le protocole de Kyoto et quand le Brésil offre un combustible qui n’émet pas de CO2, on préfère en utiliser un, qui en produit, c’est une contradiction » (AFP)

« Boias-frias»: coupeurs de canne à sucre au Brésil

Photo Raúl Zibechi

Le grand risque dans le contexte actuel de crise alimentaire est la réduction des surfaces agricoles utiles réservées à la culture des denrées alimentaires. Le second risque est bien sûr le recul de la forêt amazonienne.

A l’ouverture du sommet, le président péruvien, Alan Garcia, a réclamé des « mesures concrètes » pour résoudre la crise alimentaire et mieux protéger l’environnement, mais l’adoption de ces mesures risquent de se heurter aux divisions des pays latino-américains sur ces questions, entre pro-libéralistes et la gauche radicale, regroupée autour du président vénézuélien Hugo Chavez.

Le président péruvien Alan Garcia

© AFP

Le Président Alan Garcia a appelé vendredi l’Europe et les chefs d’Etat latino-américains et des caraïbes à augmenter la production des cultures alimentaires de 2% pour empêcher la famine de millions de pauvres gens confrontés à la montée en flèche des prix du blé, du riz et du maïs.

« Certains diront que la cause de l’augmentation des denrées alimentaires de base est dû à l’augmentation de cultures pour la production de biocarburants, (…) D’autres diront que c’est le fruit de l’augmentation de la consommation par les grandes nations en raison de la croissance démographique. (…) La crise des stocks alimentaires sera résolue durant les prochaines années. »L’objectif humble » serait un petit effort économique pour empêcher des millions de gens « de tomber dans l’enfer terrifiant de faim. »

En ce qui concerne l’environnement Alan Garcia a aussi réitéré sa proposition de prélever une taxe de 50 cents au niveau mondial sur chaque baril de pétrole ou sur le gaz naturel liquéfié pour financer des projets de reboisement dans la région de l’Amazonie. « Avec juste quelques cents, nous pourrions créer un fonds annuel de 20 milliards de $ et ce fonds nous permettrait de reboiser au moins 50 millions d’hectares qui captureraient 2 milliards de tonnes de CO2. Nous ne croyons pas que le marché libéral peut à lui seul apporter tout apporter à l’espèce humaine. » (Peruvian Times)

Le Premier ministre espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero (G) et le président bolivien Evo Morales

© AFP – Jaime Razuri

Le chef du gouvernement espagnol Jose Luis Rodriguez Zapataro a déclaré devant la presse :

« Je crois que c’est encore un peu tôt pour entamer le débat sur l’impact (des biocarburants) sur la hausse des prix des aliments, compte tenu du fait qu’il y a aussi de nombreux types de biocarburants »

Rappelons que l’Europe est très préoccupée par les conséquences du réchauffement climatique et qu’elle défend l’utilisation de ces biocarburants que certains pays latino-américains, dont la Bolivie ou le Venezuela, rejettent totalement.

Point positif : à la clôture du sommet la présidente chilienne Michelle Bachelet et son homologue argentine Cristina Kirchner ont proposé une alliance entre l’Amérique latine et l’UE pour affronter la crise alimentaire mondiale. (charger ici le pdf du sommet)

Les accords de libre-échange entre l’UE et l’Amérique latine sont particulièrement défendus par les Européens. Mais ils se sont heurtés aux réticences de la Bolivie ou de l’Equateur. La « déclaration de Lima » publiée à l’issue du sommet estime néanmoins que leur conclusion est une « priorité politique ».

En marge du sommet, les altermondialistes s’étaient donnés rendez-vous et environ 20 000 personnes s’étaient réunies contre le libéralisme, durant la nuit à l’occasion d’un concert pour la clôture du sommet.

L’absence du président français à Lima, où s’est notamment déplacée la chancelière allemande Angela Merkel, a beaucoup déçu les organisateurs du sommet, qui avaient communiqué par voie de presse sur sa présence à ce rendez-vous international, le plus important jamais organisé dans le pays.

François Fillon et le président péruvien Alan Garcia

Photo Reuters

François Fillon a visité une antenne du Samu social international à Huycan, un bidonville de l’est de Lima, en compagnie de Xavier Emmanuelli, le président-fondateur du Samu social, soulignant la participation de la France au développement social des pays d’Amérique latine. Il a également profité de sa visite pour sensibiliser les dirigeants sud-américains au sort d’Ingrid Betancourt pour qui la France, a-t-il assuré, ne baissera jamais les bras.

Sources : AFP, Reuters, Peruvian Times

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