Mise au point sur les impacts des catastrophes naturelles


Information, manque d’informations, désinformation ou mauvaise information… Beaucoup de choses sont dites et écrites lors de catastrophes naturelles… Mais qu’en est-il réellement sur le terrain ?

De nombreux organismes humanitaires participent à l’information par l’intermédiaire de cartes mises à jour quotidiennement. Ce service est d’une utilité majeure pour les sauveteurs sur le terrain.

Cyclone Nargis (Birmanie) : carte de situation du 17 mai 2008

United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs – ReliefWeb

Cliquer sur la carte pour une vue élargie

En premier lieu, on a tendance à insister sur le fait qu’après une catastrophe naturelle, beaucoup de volontaires médicaux étrangers sont nécessaires. En fait, il s’avère que les pays touchés par ces catastrophes couvrent presque toujours les besoins vitaux immédiats. Dans ce cas, seul le personnel spécialisé au plan médical et n’existant pas dans le pays affecté est nécessaire.

En second lieu, on lit souvent dans les médias que les épidémies sont inévitables après chaque catastrophe naturelle. En réalité, les épidémies n’arrivent pas spontanément après un désastre et surtout il n’existe aucun cas vérifié d’épidémie due à la présence de cadavres sur les lieux d’une catastrophe. Par contre dans des pays où les conditions sanitaires sont régulièrement insuffisantes et où il n’existe pas d’action d’information de la population et de prévention contre les maladies endémiques à ces pays, les épidémies sont possibles à tout moment, même sans catastrophe naturelle. Un rapport de l’OMS souligne que les personnes « tuées par des catastrophes naturelles sont généralement saines au moment de leur mort et donc très peu probablement être une source d’infection à d’autres. Les micro-organismes responsables de la décomposition des corps ne sont pas capables de causer une épidémie. La plupart des agents infectieux disparaissent dans les heures suivant le décès des personnes« .

« Cependant, les épidémies peuvent arriver dans une période comprise entre 10 jours et un mois après l’événement« . L’alimentation souillée, le manque d’accès à l’eau potable, l’insuffisance ou l’absence d’équipements sanitaires et d’assainissement créent un risque potentiel pour l’apparition et l’expansion de maladies infectieuses surtout dans le cas des personnes regroupées dans des abris provisoires et en situation de surnombre, donc de grande promiscuité.

Vue générale d’un camp de réfugiés à Beichuan

REUTERS/Stringer (CHINA), 18 mai 2008

De même, on entend souvent que la population affectée est très choquée, ce qui est vrai, et le soutien psychologique dans certains cas n’est pas suffisamment assuré ou même absent. Mais les rescapés d’une catastrophe ne sont pas impuissants à veiller à leur survie et à celle des autres. En fait, il existe un instinct de survie dans les cas d’urgence prouvé par le nombre important de volontaires qui s’unissent et s’organisent spontanément pour essayer de porter secours aux plus touchés. Par ailleurs, il est indéniable que les catastrophes touchent plus sévèrement les groupes vulnérables et faibles et en particulier les femmes et surtout les enfants et les personnes âgées.

Un enfant cherchant de la nourriture sur les bords du fleuve Yangon, près d’un village

REUTERS/Strringer (MYANMAR), 19 Mai 2008

Enfin, « l’oubli rapide » par les médias fait souvent penser qu’un retour à la normale se fait en quelques semaines. En réalité, les effets d’une catastrophe naturelle de l’ampleur du cyclone Nargis en Birmanie ou du séisme au Sichuan dureront longtemps ! N’oublions pas que des régions entières, voire même des pays se voient dans l’obligation de recevoir encore plus d’aide dans la période post-catastrophe afin de pouvoir mener à bien la reconstruction non seulement matérielle, mais aussi économique des régions affectées. Il suffit de se reporter à la situation actuelle des pays touchés par le tsunami de 2004 pour comprendre les efforts de reconstruction.

En ce qui concerne la Birmanie, le rapport quotidien de l’OMS du 18 mai 2008 signale les points suivants :

– un plan d’action commun et une esquisse d’activités pour le Groupe Santé est prêt pour les 3 à 6 mois à venir.

– L’OMS continue à mobiliser les donateurs pour le secteur de la santé.

– un appui psycho-social va probablement donner lieu à une importante publication dans quelques semaines et des directives et des protocoles ont été envoyés dans la langue locale en Birmanie.

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