Birmanie : évacuation des camps de réfugiés de Rangoon par la Junte


39 camps de réfugiés devraient être évacués par la Junte dans le delta de l’Irrawaddy hier, sous le prétexte qu’ils pourraient devenir permanents… Selon les habitants et les humanitaires, ces camps évacués étaient situés dans les environs de Kyauktan, à 30 km au sud de Rangoun.

Information confirmée : « Samedi, l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) a affirmé que les militaires avaient commencé à chasser les rescapés des dizaines de camps de tentes dressés par les autorités après le cyclone, les laissant livrés à eux-mêmes dans les campagnes ravagées par la catastrophe. Un journaliste de l’AFP voyageant entre Kungyangon et Dedaye, dans le delta de l’Irrawaddy, a rapporté avoir vu des dizaines de policiers anti-émeutes postés sur le bord de la route, armés de fusils, de bâtons et de boucliers. » (AFP).

Dans le delta de l’Irrawaddy, 95% des bâtiments ont été détruits et plusieurs villages rayés de la carte. Les autorités estiment que les efforts de secours sont en grande partie terminés et disent se concentrer maintenant sur la reconstruction. Mais pour l’ONU, l’ampleur de la catastrophe est telle que la phase des secours après le passage du cyclone le 2 mai risque de durer six mois.

Même si le gouvernement birman a finalement commencé à ouvrir le delta de l’Irrawaddy aux humanitaires étrangers, la junte a refusé catégoriquement que l’aide soit apportée par des navires militaires étrangers. Un bâtiment français a ainsi dû décharger sa cargaison humanitaire en Thaïlande. Des bateaux américains et britannique ont également été empêchés d’accoster.

Un enfant birman le 29 mai 2008 devant des maison détruites dans un village du delta de l’Irrawaddy, ravagé par le cyclone Nargis

Photo AFP

Carte de répartition de la population affectée par le cyclone Nargis (WHO)

ReliefWeb, source WHO (World Health Organization-Organisation Mondiale de la Santé)

Pour voir cette carte en détail, cliquer sur l’image ci-dessus. La carte montre à la fois, les personnes affectées en général et les personnes affectées sans abri.

Un abri temporaire pour des rescapés du cyclone à Twantay, au sud de Rangoun, le 29 mai 2008

Photo AFP

Situation générale au plan humanitaire

Les visas sont délivrés aux humanitaires pour rentrer en Birmanie (45 demandes de visa déposées par l’Onu ont encore été accordées mercredi), mais il faut compter au moins 48 heures avant que n’aboutisse une demande de se rendre dans le delta. La Junte est furieuse de n’avoir pas reçu la participation financière qu’elle avait demandé et semble se livrer à une attitude d’obstruction.

Outre les pays ayant envoyé une aide humanitaire conséquente ainsi que l’ONU et les partenaires de la Birmanie au sein de l’ASEAN (Association des nations du sud-est asiatique) qui sont profondément préoccupés par cette situation, la population affectée par le cyclone Nargis est désespérée par cette évacuation prématurée.

Rapports PAM et ONU

D’autant plus prématurée que le PAM, signale dans son rapport du 30 mai 2008 que des progrès sont faits pour atteindre les victimes les plus éloignées de Rangoon mais que des communautés ont été totalement détruites, les survivants sans abri vivant sans aucune assistance extérieure. La nourriture, l’eau potable et des tentes sont indispensables. A l’heure actuelle, le PAM a distribué de la nourriture pour 575 000 personnes (2 semaines de rations de riz), dans 8 villes ou quartiers autour et à l’intérieur de Rangoon : Bogale, Labutta, Pyapon, Kyaiklat, Maubin, Ngaputaw, Dedaye and Pathein. 485 000 habitants ont reçu une première ration de nourriture depuis le passage du cyclone (il y a un mois) ; plus de 107 000 enfants ont reçu des biscuits énergétiques et 2 500 personnes des repas préparés. Cependant, ces distributions sont loin d’atteindre ce que le PAM peut distribuer car de très nombreuses personnes n’ont encore rien reçu en terme d’aide alimentaire.

Des réfugiés, nourris par des moines bouddhistes

Getty Images

A lire : article du New York Times : « Monks Succeed in Cyclone Relief as Junta Falters »

Au total, les Nations Unies estiment que moins de la moitié des 2,4 millions de sinistrés a reçu une aide quelconque, que ce soit de la part du gouvernement birman ou des organisations locales et internationales. Les Nations unies ont indiqué qu’elles n’étaient pas en mesure de confirmer les évictions de réfugiés, mais qu’elles s’opposaient par principe à tout déplacement forcé de populations.

Le gouvernement birman renvoyait hier les réfugiés des camps proches de Rangoon avec pour seule aide, des perches en bambou et des bâches pour se réinstaller dans leurs villages détruits du delta… « Les habitants peuvent survivre en comptant sur eux-mêmes, même s’ils ne reçoivent pas de tablettes de chocolat de la communauté internationale », a dit le quotidien de la junte » (source AFP)

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