FAO : Sommet mondial sur la sécurité alimentaire à Rome


La FAO invite 151 pays à participer mardi à une Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale: les défis du changement climatique et des bioénergies, à Rome, où se tient le siège de l’Organisation onusienne, afin de chercher des solutions aux pénuries alimentaires récurrentes. Au cours de cette réunion, du 3 au 5 juin, les Chefs d’État et de gouvernement du monde entier examineront les politiques et les stratégies permettant d’améliorer la sécurité alimentaire dans le monde et en particulier dans les régions les plus pauvres et de relancer l’agriculture dans les communautés rurales des pays en développement.

Aujourd’hui, près de 850 millions de personnes dans le monde souffrent de malnutrition et parmi elles, près de 820 millions vivent dans des pays en développement – qui sont en danger à cause de la hausse des prix et qui seront sans doute les plus affectés par les effets du changement climatique. Les gouvernements, les organisations internationales, la société civile, le secteur privé et d’autres catégories d’acteurs doivent travailler de concert pour faire face à ces défis et pour élaborer les stratégies et les réponses les plus appropriées.

Emeutes de la faim en Côte d’Ivoire (22 avril 2008)

Image © Keystone

Que faire ?

– aide financière d’urgence qui fonctionne très bien déjà à court terme ; mais le problème concerne ce qui peut être fait à long terme.

– sur le long terme, il faut envisager la question sous l’angle du développement : comment aider les agricultures locales en difficulté ?

– subventions : faut-il continuer à subventionner les agriculteurs du Nord aux dépends des agriculteurs du Sud ?

– biocarburants : est-il raisonnable de cultiver du maïs pour faire rouler des voitures plutôt que pour nourrir des affamés des pays en développement ?

Des sacs de riz et de haricots sur un marché de Port-au-Prince (Haïti). La hausse massive des prix alimentaires entraîne de violentes manifestatios dans l’île.

photo : AP

Les obstacles :

– handicap des prix historiquement bas durant plusieurs décennies : les agriculteurs des pays en développement ont longtemps été confrontés à l’absence ou à l’insuffisance des infrastructures essentielles, notamment de transport et de communication ;

– difficultés d’accès aux technologies et aux services de vulgarisation ;

– faiblesse des systèmes de crédit et de marché ;

– autre problème majeur à résoudre de toute urgence : l’irrigation, surtout en Afrique subsaharienne ;

Par ailleurs, d’ici la fin de l’année 2008, le panier annuel d’importations alimentaires des pays les plus pauvres pourrait coûter quatre fois plus cher qu’en 2000. Il est important de souligner que l’indice FAO des prix alimentaires est demeuré stable depuis février 2008, mais la moyenne des quatre premiers mois de l’année reste encore supérieure de 53 % à la même période de l’année dernière.

Et pourtant, les dernières prévisions de la FAO indiquent une production céréalière mondiale record en 2008, désormais proche de 2,2 milliards de tonnes, y compris le riz usiné, soit une hausse de 3,8 % par rapport à 2007.

Source : Rapport OCDE/FAO, 2008

Selon Jacques Diouf, directeur de la FAO, 862 millions de personnes environ souffrent de la faim et de malnutrition aujourd’hui, ce qui souligne la nécessité de réinvestir dans l’agriculture. « Il ne devrait plus faire de doute à présent que l’agriculture doit à nouveau faire partie du Programme d’action en faveur du développement. »

Facteurs permanents de l’augmentation des prix des denrées alimentaires :

– la sécheresse dans certaines des principales régions céréalières du monde dans un contexte de faibles stocks a été une cause importante, mais transitoire ;

– les prix élevés du pétrole, le changement des régimes alimentaires, l’urbanisation, la croissance économique et l’augmentation de la population mondiale expliquent aussi que les prix moyens devraient, selon les prévisions, être plus élevés dans les dix prochaines années qu’au cours de la décennie passée ;

– La demande croissante de biocarburant : la production mondiale d’éthanol a triplé entre 2000 et 2007 et devrait doubler encore d’ici à 2017, pour atteindre 127 milliards de litres par an ;

– La production de biogazole devrait passer de 11 milliards de litres par an en 2007 à environ 24 milliards de litres d’ici 2017 : l’accroissement de la production de biogazole augmente la demande de céréales, de produits oléagineux et de sucre, contribuant ainsi à faire monter les prix des productions végétales (Source : Les Perspectives agricoles OCDE-FAO 2008-2017

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