Conférence internationale de soutien à l’Afghanistan, Juin 2008


Suite à la conférence internationale qui s’est déroulée hier à Paris, plus de 20 milliards de dollars ont été promis hier par la communauté mondiale. Il s’agissait, non seulement, d’une conférence dont les discussions portaient sur le montant de l’aide et son efficacité, mais aussi d’une réunion abordant les questions stratégiques et politiques en Asie Centrale, région particulièrement instable en raison des guerres contre le terrorisme.

© AFP – Eric Feferberg, 12 juin 2008

Pour information sur l’Afghanistan cf. Fiche « Repères pays »

Quelques chiffres, 7 ans après la chute des Talibans, montrant que ce pays, classé 5e PMA (pays les moins avancés) par les Nations Unies, a encore fortement besoin d’aide pour le redéveloppement des infrastructures, mais aussi dans le domaine de l’éducation.

– 69% de la population n’a pas accès à l’eau potable

– 1 Afghan sur 2 souffre de malnutrition chronique

– 1 enfant sur 5 meure avant l’âge de 5 ans.

Depuis 2001, le pays a reçu près de 15 milliards de dollars, mais le grand problème est celui de la corruption et les Afghans ne voient guère d’amélioration dans leur vie quotidienne. Selon les ONG, environ 1/3 des fonds disparaissent.

Vidéo : France 24 REPORTAGE: ONG et entreprises privées se partagent la reconstruction du pays, mais l’aide financière de la communauté internationale n’est pas toujours efficace. (C. Billet)

En effet, la reconstruction de l’Afghanistan, sur le plan économique n’en est qu’à ses débuts :

En 2006, la conférence de Londres a abouti à un document de négociations entre le gouvernement afghan et les bailleurs de fond, nommé « l’Afghan Compact », d’une durée de 5 ans, dans le but de soutenir le redressement du pays et de garantir le retour à la paix et la stabilité, à long terme.

Le bilan après deux années d’application de ce document montre que beaucoup de choses ont évolué et que l’Afghanistan a connu un retournement de situation sur le plan de la sécurité. L’insurrection menée par les islamistes radicaux, notamment dans le sud du pays, a repris de plus belle. Une nouvelle émergence du mouvement taliban a surpris les acteurs du développement qui se sont trouvés pris de court.

Photo AFP, 12 avril 2008

Les efforts ont eu tendance à se concentrer sur les opérations militaires et en dépit du maintien de l’aide humanitaire sur place, non sans difficultés, la reconstruction n’a guère pu avancer.

Par ailleurs, l’aide a eu tendance à se concentrer sur Kaboul au détriment des zones rurales qui sont très difficiles d’accès. Les régions menacées de guerre ont été soutenues par les militaires et des fonds ne sont pas « tombés » dans les bonnes poches (acteurs des violences, extrémistes religieux, barons de la drogue etc.).

C’est pourquoi, un nouveau document a été négocié hier, l’ANDS, la « Stratégie nationale de développement » de l’Afghanistan, pour relancer la dynamique. L’ACBAR (Agency Coordinating Body For Afghan Relief) regroupe et représente une centaine de membres d’ONG humanitaires nationales et internationales dans le but de reconstruire et de développer la communauté afghane. Créée en 1998, cette agence entend répondre aux besoins des ONG en les aidant à coordonner leurs activités, afin de les rendre efficaces sur le terrain. L’ACBAR est également chargée de vérifier que les fonds soient réellement versés aux bénéficiaires, mais aussi qu’il n’y ait pas d’obstacles à une bonne utilisation de ces fonds, ce qui n’est pas le cas dernièrement comme le souligne son dernier rapport.

Le texte de la déclaration finale de la Conférence qui s’est tenue hier à Paris indique que « Le gouvernement afghan s’est engagé à poursuivre les réformes dans les domaines politique et économique » et que « La communauté internationale a accepté de mettre à disposition des ressources accrues et de les utiliser de manière plus efficace ».

Notons que M. Karzaï a notamment insisté sur la nécessité d’aider les agriculteurs à se détourner de la culture du pavot qui sert à fabriquer l’opium, dont l’Afghanistan fournit plus de 90% de la production mondiale.

Mais au quotidien, les progrès avancent très lentement comme le montre cette vidéo de France 24 :

REPORTAGE: Classes surchargées, professeurs manquants et mal payés, le système d’enseignement en Afghanistan a besoin de réformes, mais la corruption l’en empêche.(C. Billet)

Encore une raison de penser qu’une grande partie de l’argent est subtilisée…

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