L’Union pour la Méditerranée ne fait pas l’unanimité


Le 10 juin dernier, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a exprimé son refus du projet d’Union pour la Méditerranée (UPM), avertissant que celui-ci porterait atteinte à l’unité arabe et africaine, à l’ouverture d’un mini-sommet arabe, déclarant :

« Nous sommes des pays membres de la Ligue arabe et aussi de l’Union africaine et nous ne prendrons en aucun cas le risque de déchirer l’unité arabe ou africaine. Il faut que nos partenaires (européens) comprennent bien cela. Si l’Europe veut coopérer avec nous, qu’elle le fasse avec la Ligue arabe ou l’Union africaine (…). Nous n’acceptons pas que l’Europe traite avec une seul groupe de pays… »

Photo AFP

Les Lybiens de Tripoli sont également sceptiques sur le sujet. En effet, la Lybie est un pays riche en pétrole qui se voit déjà aussi riche que Dubaï, les Lybiens ne voient pas comment ils pourraient profiter économiquement d’une telle union… Ils voient surtout une approche qui ressemble un peu trop à la colonisation où les pays du Nord auraient beaucoup plus à gagner que ceux du Sud.

Par ailleurs la Lybie, pro-palestinienne, voit d’un mauvais oeil la présence d’Israël dans cette Union pour la Méditerranée. A Tripoli on pense que l’Europe doit coopérer avec les pays proches, de l’autre côté de la Méditerranée, comme l’Algérie, la Tunisie, la Lybie et le Maroc.

Autre point : pour la Lybie, le projet présenté par Nicolas Sarkozi a changé sous l’impulsion de l’Allemagne : aux conditions de libre-échange, se sont ajoutées des conditions politiques. Pour eux ce n’est plus le projet présenté, à l’origine par Nicolas Sarkozi et l’Allemage insiste pour qu’Israël soit dans l’Union.

Le 13 juillet, l’Union pour la Méditerranée (UPM) sera lancée à Paris. Le président syrien Bachar al-Assad assistera à cette réunion (bien qu’il n’ait pas encore confirmé officiellement sa venue) à laquelle sera également présent le Premier ministre israélien Ehud Olmer.

Le président Bashar al-Assad à Tripoli le 10 juin 2008.

Photo AFP

Bernard Kouchner a indiqué à propos du sommet de lancement de l’UPM qui concerne 43 pays européens et riverains de la Méditerranée que « Tous les pays ont été invités, tous les chefs d’Etats » (propos rapportés par B. Kouchner à l’AFP).

Ce qui est sûr, c’est qu’à un mois du Sommet de Paris, constitutif de l’Union pour la Méditerranée, de nombreuses questions se posent. Les enjeux sont considérables pour les pays des deux rives.

Une des principales questions est : arrivera-t-on à dépasser les clivages Nord-Sud ? qui en appelle immédiatement une seconde : en quoi l’UPM pourra-t-elle favoriser l’intégration Sud-Sud, au-delà des conflits régionaux ?

On peut aussi se demander 1) quel est l’intérêt d’associer tous les pays de l’Union Européenne dans ce projet et surtout il faut être conscient que la France peine toujours à convaincre les dirigeants arabes de participer au sommet du 13 juillet à Paris aux côtés d’Israël… et 2) Comment une Europe qui doit gérer l’adhésion de ses propres pays, peut-elle être prête pour des unions plus larges en termes de coopération ? L’union pour la méditerranée n’est-elle pas prématurée ?

A relire : Le Maroc, pilier de l’Union Méditerranéenne, Union pour la Méditerranée : migrations et sécurité, Forum de Paris : Union pour la Méditerranée,

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