Conférence l’Union européenne et l’Outre-Mer 8 juillet 2008


La journée du 8 juillet a été riche en interventions, lesquelles ont été très variées.

1) L’UICN (Union Mondiale pour la Nature et en anglais IUCN) a lancé un appel au G8 : le message était particulièrement clair, sachant que 4 membres du G8 appartiennent à ce groupe et se résume ainsi : « Le G8 doit absolument avoir une action sur les pays et territoires de l’outre-mer européen en termes de changement climatique.

« Nous disons clairement au G8 que pour préserver la richesse naturelle des entités d’outre-mer de l’Union européenne et d’autres îles dans ces régions, un investissement substantiel doit être fait pour se battre contre les impacts du climat qui sont déjà apparant. »

En adoptant des objectifs de réduction d’émission « obligatoires » et en s’investissant dans une révolution de l’énergie fondée sur des solutions réelles le G8 sera capable d’aborder de manière efficace le changement des impacts du climat du Groenland à Tahiti. » (Julia Marton-Lefevre, Directeur général de l’UICN)

2) Vers une énergie durable et une autonomie énergétique (séance pleinière) : plusieurs représentants de l’île de la Réunion ont présenté les exemples d’une révolution de l’énergie verte pour aboutir à un changement radical énergétique à partir des ressources de l’île de la Réunion.

Jean-François Lhuissier, directeur adjoint des systèmes insulaires Energétiques (EDF), a souligné le potentiel des Etats insulaires, et en particulier de la Réunion, à intégrer toutes les technologies des énergies renouvelables dans l’approvisionnement énergétique.

La réunion produit actuellement 30 % de son énergie grâce à l’hydro-électricité et la biomasse, mais reste lourdement dépendante du pétrole, J.F. Lhuissier. Il existe des perturbations de tension et des problèmes de stockage d’énergie et de financement.

Laurent Gautret, directeur technique de l’Agence Régionale de l’Energie Réunion (ARER), a détaillé toute la gamme des technologies renouvelables actuellement disponibles, notamment en exploitant l’énergie thermique produite par les océans, citant l’exemple de Hawaï.

Photo Flickr Zarahminor

Chris Thomas, de l’Université de York, reste, pour sa part sceptique en ce qui concerne la biomasse qui pour lui risque d’affecter la sécurité alimentaire ainsi que sur les technologies utilisant l’énergie thermique des océans qui peut affecter les récifs coralliens et les éco-systèmes marins.

Laurent Gautret a insisté sur « le besoin de préciser l’utilisation de ces technologies, » soulignant qu’il fallait réfléchir à l’approvisionnement en nourriture autant qu’à celui de l’énergie. Il a mis en évidence un plan de construction de « greenhouses » (serres) produisant à la fois alimentation et énergie, par l’intermédiaire de panneaux solaires sur le toit et lde produits d’alimentation à l’intérieur.

Christel Thuret de l’ADEME a souligné, que l’énergie solaire s’est aussi étendue en raison de la demande croissante d’utilisation d’énergie. Elle a décrit l’initiative ‘Negawatt’ de l’ADEME : des campagnes destinées à éveiller la conscience publique sur les produits ménagers, les chauffe-eau solaires, les projets de constructions verts vont continuer.

Philippe Berne du conseil régional de la Réunion, a indiqué que les demandes d’énergie de la population de l’Île de Réunion ont continué à augmentr avec 1 million d’habitants attendus avant 2030. Il a décrit PRERURE, l’énergie renouvelable régionale et le plan d’utilisation d’énergie pour la Réunion.

3) La protection et la gestion des écosystèmes face au changement climatique :

Les intervenants lors de cette session ont montré en substance que l’homme peut diminuer ses propres effets sur les écosystèmes en prenant des mesures très concrètes, grâce aux échanges d’informations sur les meilleures pratiques entre pays, régions et institutions. Dominique Strasberg, de l’Université de La Réunion, spécialiste des espèces envahissantes, a mis particulièrement l’accent sur ce point qui nécessite des partenariats solides pour réussir.

Denis Girou, directeur du Parc national de la Guadeloupe, croit en la capacité des ères protégées à maintenir et renforcer la biodiversité. « Cela fait deux cents ans qu’on crée des zones protégées, mais nous n’en sommes toujours qu’à quelques pour-cents de la surface terrestre du globe et infiniment moins de la surface marine. Selon moi, la protection reste une valeur d’avenir. Peut-être devrions-nous changer de perspective, d’échelle par exemple, du pays au continent.»

Parc National de la Guadeloupe

Bernard Salvat, de l’IFRECOR (Initiative Française pour les REcifs COralliens) se veut réaliste : « Nous n’empêcherons ni le typhons, ni les tsunamis, ni encore l’acidification des océans. C’est sur les facteurs anthropiques que nous devons agir en premier. Des récifs coralliens en bonne santé pourront encaisser une part des effets du changement climatique. »
Il se félicite donc de l’enregistrement au patrimoine mondial du récif corallien et des lagons de Nouvelle-Calédonie (cf; article Planète Vivante ICI)

IFRECOR Nouvelle Calédonie

A voir également les projections et scénarios fournis par l’ICRI (International Coral Reef Initiative) sur les évolutions possibles des récifs coralliens et des lagons à travers le monde.

Quant à Benoît de Thoisy, de l’association Kwata, active en Guyane française, il a mis en avant l’impact positif d’actions concertée entre les principales ONG environnementales présentes sur le terrain, dont le WWF. Cependant, ils estime que la voix des ONG est encore trop souvent écoutée seulement, mais pas toujours entendue.

Photo Flickr Zarahminor

4) L’adaptation à la crise climatique : Les experts de l’UICN lancent un appel au renforcement des réseaux et à la coopération entre les RUP et les PTOM. C’est aussi pour cela qu’ils ont lancé la publication «les changements climatiques et la biodiversité dans l’UE territoires d’outre-mer» dont nous avons parlé précédemment déjà.

Jérôme Petit, chercheur à l’UICN et un des principaux auteurs de la publication, a souligné l’importance de ce document qui est la première étude comparative des 28 entités d’outre-mer de l’UE.

Participants à cette session :

2e en partant de la gauche : Jérôme Petit, Photo Flickr Zarahminor

Jusqu’à présent, l’UE a financé des programmes de recherche qui ont trop tendance à laisser de côté les RUP pour des raisons géographiques comme l’éloignement et ces entités ont eu tendance à être laissées de côté sous la forme d’un sous-groupe européen.

La notion d’expansion des réseaux est encore apparue dans ces interventions, prouvant qu’un besoin d’échange pour lutter contre le changement climatique nécessite un travail de groupe. Certes, les entités ultramarines sont souvent variées mais elles ont de nombreux problèmes en commun dans le domaine du changement climatique. Par ailleurs, l’impact sur les populations serait plus fort dans le cadre de regroupement et de rapprochement des différents réseaux existants déjà.

Rocio Lichte a notamment évoqué le « Programme de travail de Nairobi » – un cadre global d’adaptation qui comprend de nombreuses ONG internationales et des représentants privés, ce qui permet de prendre des décisions concertées et éclairées contre le changement climatique.

5) Enfin le dernier thème abordé portait sur la question suivante : Comment les politiques de l’UE peuvent-elles permettre de répondre aux défis environnementaux de l’outre-mer européen ?

A la demande de Reuben Mead, ministre de l’Agriculture et de l’Environnement de l’île de Monserrat, a d’emblée considéré que « la conscience sociale et environnementale des colonisateurs européens doit les pousser à un appui financier. Nous nous tournons vers nos partenaires européens, je dis bien… nos partenaires», a-t-il insisté, Ladislav Miko, de la Direction générale (DG) Environnement de l’UE. « Nous travaillons à intensifier le réseau de zones protégées Natura 2000« .

Photo Flickr Zarahminor

José Gaillou, vice-président du Conseil régional de Guyane française rêve d’innovation de la part de la France et de solidarité de l’Union européenne. La Guyane a une forte démographie, une population jeune dont il faudra satisfaire les besoins en infrastructures dans les années à venir. « Notre forêt s’étend sur 7,5 millions d’hectares. (…) [et] absorbe aussi beaucoup de carbone. Nous ne bénéficions pas d’une fiscalité qui compense les crédits d’émission de carbone que nous permettons à la France de distribuer à ses entreprises. (…) Pourquoi ne pas envisager le versement de 200 millions d’euros par an, ce qui serait plus que le budget de la région. Je propose que nous jouions la solidarité pour les générations futures, avec l’UE également »

Photo Flickr Zarahminor

Sources : Site web de la Conférence, « Témoignages », Développement Durable, Journal de l’Île de la Réunion

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Une réflexion sur “Conférence l’Union européenne et l’Outre-Mer 8 juillet 2008

  1. Monsieur,

    Nous sommes une petite association qui avons pour but de créer une radio, culturelle et informative sur l’ile de Moorea (dépourvu de station de radio).

    Je sais que vous devez être une personne très prise par de gros dossiers, toutefois pourriez vous nous accorder un peu de temps afin de nous dirigez vers les personnes et les aides dont nous pourrions bénéficier.

    Je vous remercie par avance

    Cordialement

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