Rapport sur les implications humanitaires du changement climatique


Le deuxième jour de la réunion d’Accra sur le changement climatique coïncidait avec la publication à Genève d’un nouveau rapport des Nations Unies (OCHA) en collaboration avec l’ONG humanitaire CARE visant à déterminer les « points chauds humanitaires » dans le monde (« r i s k ho t s p o t s« ), là où des millions de personnes sont plus vulnérables que d’autres à un risque accru des catastrophes naturelles dues aux changements climatiques.

Les implications humanitaires du changement climatique (The Humanitarian Implications of Climate Change)

Source : OCHA/CARE

Le changement climatique induit par l’homme modifie déjà les modèles applicables aux inondations, aux cyclones et à la sècheresse. Dans de nombreux cas, ces risques connaissent une durée plus longue, ils sont plus fréquents et parfois moins prévisibles. Le risque de catastrophe existe partout dans le monde, mais il est majeur dans les parties du monde où les niveaux de vulnérabilité de la population sont déjà très élevés.

L’équipe des chercheurs d’OCHA et de Care ayant travaillé pour ce rapport ont effectué une approche du problème à partir des systèmes d’information géographique (SIG en français/GIS en anglais) sur la base des risques et des dangers dus au changement climatique (basés sur les modèles climatiques exposés dans le 4e rapport de synthèse du GIEC) mis en relation avec les facteurs influençant la vulnérabilité humaine (Rapport Banque Mondiale).

Les résultats de ces travaux identifient les points chauds du globe, c’est-à-dire à haut risque humanitaire dans le contexte du changement climatique. Le but de cette base de données cartographiée est :

1) d’aider les décideurs à mieux comprendre le défi auquel ils doivent faire face ;

2) d’aider les acteurs humanitaires à adapter leurs stratégies de réponse aux catastrophes dues au changement climatique.

Carte N°9

Source : OCHA/CARE

Cette carte montre les points chauds des risques humanitaires en cas d’inondations, de cyclones et de sécheresse par rapport à la densité de population. Les secteurs en bleu recouverts de rayures représentent les zones à forte densité de population qui sont aussi les points de catastrophes majeures. Ces territoires sont concernés, au plus haut niveau par les futurs déplacements de population en liaison avec les risques climatiques, ceux que l’on appelle les « migrants climatiques ».

Dhaka (Bangladesh), Inondations en Asie du Sud, août 2004.

Photo de 2004, Josh Estey/CARE

Les inondations dévastatrices au Népal, en Inde et au Bangladesh ont eu pour conséquence le drame de millions de sans abri, ont endommagé des quantités énormes de cultures, ont détruit des infrastructures et ont appauvri des millions de personnes.

Le rapport souligne que les points à haut risque pour les inondations touchent plus particulièrement l’Afrique, y compris le Sahel, la Corne de l’Afrique, la région des Grands Lacs, l’Afrique Centrale et orientale ; mais aussi l’Asie du Sud-Est, l’Asie du Sud et du Centre; ainsi que l’Amérique Centrale et la partie occidentale de l’Amérique du Sud comme le montre cette carte.

Carte N°3

Source : OCHA/CARE

Cette carte montre les points à haut risque concernant les inondations. Elle est réalisée à partir de l’interaction des données concernant les dangers d’inondation extrême et la grande vulnérabilité des populations. Mais certains secteurs prouvent, par l’intermédiaire des modèles climatiques, une tendance à l’augmentation de ces inondations mais une baisse de la vulnérabilité humaine ; enfin, d’autres prévoient une augmentation extrême des précipitations, d’après les modèles climatiques, entrainant des hausses futures de risques d’inondations.

Les risques élevés de sécheresse sont principalement localisés en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud, particulièrement en Afghanistan, au Pakistan et certaines régions de l’Inde ; mais aussi, et paradoxalement, en Asie du Sud-Est, particulièrement au Myanmar, au ViêtNam et en Indonésie (cf. la carte ci-dessous).

Carte N°7

Source : OCHA/CARE

Cette autre carte concernant les risques de sécheresse met en valeur les points à haut risque et est fondée sur l’interaction du risque de sécheresse extrême et de la plus haute vulnérabilité de la population. Elle montre également les mêmes nuances que la carte précédente.

Enfin, le troisième risque particulièrement élevé est celui des cyclones avec des points incluant le Mozambique et Madagascar, l’Amérique centrale, le Bangladesh, plusieurs régions de l’Inde, le Vietnam et d’autres pays du Sud-Est asiatique. La croissance de l’intensité des cyclones et de leur nombre risque de voir le nombre de populations touchées augmenter en raison également de la pénétration plus avant dans les terres de ces phénomènes intenses. Très souvent aussi, ces régions précédemment citées, sont également touchées par les inondations induites par ces cyclones.

Carte N°5

Source : OCHA/CARE

Cette carte montre les régions touchées par les risques cycloniques les plus élevés.

Ce rapport est particulièrement intéressant car il met en valeur 2 conséquences de ces phénomènes liés au changement climatique :

1) les déplacements de population et les changements de sa répartition durant les 10 prochaines années

La carte N°9 associant les inondations, les cyclones et les risques de sécheresse avec la densité de la population, montre que le nombre relatif de personnes qui pourraient être affectées par des risques climatiques est très important. La menace la plus grande se situe en Asie du Sud et du Sud-Est ainsi que dans certaines régions du continent africain.

Les populations affectées par ces risques tendant à s’intensifier, pourraient subir une pression forte et en venir à migrer, au moins temporairement. Des sécheresses prolongées, probablement, exerceraient la pression la plus plus importante sur les familles susceptibles de se déplacer, particulièrement des zones rurales vers les zones urbaines déjà fortement chargées. Rien que dans la Corne de l’Afrique, il y a plus de 20 millions d’agriculteurs-éleveurs dont le gagne-pain est fondé sur la recherche de pâturages de plus en plus rares et d’eau.

Carte N°10

Source : OCHA/CARE

La carte 10 est une superposition des points à haut risque et du changement de densité de la population. La carte de base montre des secteurs où il est prévu que la densité de population augmente (en bleu) et où ces régions coïncident avec de hauts risques climatiques. De tels secteurs pourraient créer des poches de grands risques humanitaires dans l’avenir. Ce sont particulièrement le Sud et le Sud-Est de l’Asie et quelques régions d’Afrique.

2) La relation existant entre le changement climatique et les causes de conflit est très complexe

Dans quelques parties du monde, le changement climatique contribue à augmenter les tensions des rapports entre les populations et entre les gouvernements au plan sociopolitique : manque d’eau, insécurité alimentaire, dégradation de la terre… Mais ces problèmes sont aussi causés par une combinaison de facteurs comme la pauvreté, l’inégalité et le manque ou l’absence de gouvernance. Ces situations sont typiques d’une tension pouvant aller jusqu’à l’éclatement de conflits. En ce moment on parle souvent, à titre d’exemple, de la « guerre alimentaire ».

Des conditions environnementales trop contraignantes, pouvant être renforcées par le changement climatique, ont déjà contribué à des conflits. La crise au Darfour est certainement un des exemples le plus cités mêmes si ces causes ne sont pas les seules raisons du conflit.

Carte N°11

Source : OCHA/CARE

La carte N°11 révèle les régions où les points à risque extrême de sécheresse se superposent à des secteurs  déjà considérés comme étant des zones à fort risque de conflit. Selon la carte, le changement climatique augmenterait le risque de conflit en Asie du Sud et dans certaines régions d’Afrique orientale et centrale. Cependant, pendant la période des 20-30 années à venir, une augmentation du risque de guerre résultant du changement climatique est totalement incertaine.

Nouveau flux de réfugiés de Somalie dans la province du Nord-Est du Kenya : Camp de réfugiés de Dadaab près de la frontière. On estime que 270 000 réfugiés vivent dans les camps.

Photo 2006, Erin Lubin/CARE

Source : Rapport OCHA/CARE, consultable uniquement en anglais ici, avec les cartes en grand format et d’autres et beaucoup plus de détails

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4 réflexions sur “Rapport sur les implications humanitaires du changement climatique

  1. Bonjour,

    Je suis sourcier professionnel.
    Je souhaite collaborer bénévolement avec une association à but humanitaire, pour la recherche d’EAU dans les pays arides et les régions défavorisées.
    Je suis capable de déterminer avec précision le parcours d’une source sur la largeur et la longueur avec des jalons, d’estimer le débit et la profondeur, d’indiquer le sens du courant et d’implanter le point de forage.
    Je pourrais transmettre mon savoir faire et mon expérience sur place.
    Je vous invite à visiter mon site qui en dira plus. http://www.bleucommeleau.com
    Merci de m’avoir lu.
    P. Wojtowicz

    Philippe Wojtowicz
    21 bis rue du Pré Joly
    88110 Raon l’Etape
    Tél : 06 27 87 27 93

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