Nouveau Rapport mondial de l’ONU sur les ressources en eau


En amont du 5e Forum Mondial de l’Eau, la troisième édition du Rapport mondial des Nations Unies sur l’évaluation des ressources en eau, a été présenté jeudi  12 mars 2009 sous le titre « L’eau dans un monde qui change ».

La demande en eau n’a jamais été aussi forte au niveau mondial. En cause : la croissance démographique, l’évolution des modes de consommation alimentaire ou encore les besoins accrus en énergie. Ce rapport sera officiellement présenté au nom des Nations Unies le 16 mars à Istanbul, lors de l’ouverture du 5e Forum mondial de l’Eau.

1) Le rapport insiste particulièrement sur l’accès à l’eau puisque, d’ores et déjà, certains pays atteignent déjà les limites de leurs ressources en eau et les effets attendus du changement climatique devraient encore accentuer ce phénomène.

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Source : Le Monde

Pour l’horizon 2030, plus de 5 milliards de personnes, soit 67% de la population mondiale, ne disposeront pas d’un accès à des installations sanitaires décentes en 2030. Si, dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à l’eau et l’assainissement dont le but est de réduire de moitié, d’ici 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable salubre, ce constat est plutôt encourageant (plus de 90% de la population mondiale utiliseront des sources d’eau potable salubre d’ici cette échéance) ; rappelons tout de même que près de 340 millions d’Africains n’ont pas accès à une eau potable salubre

Les régions exposées aux pénuries d’eau dans le monde à l’horizon 2020

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Source : Le Monde, infographie

Par contre, le constat est alarmant en ce qui concerne l’assainissement : près de 500 millions de personnes n’ont pas accès à des installations sanitaires décentes en Afrique, parmi bien d’autres régions également en retard dans ce domaine.

Par ailleurs, « le lien entre pauvreté et ressources en eau est évident : le nombre de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour coïncide approximativement avec celui des personnes qui n’ont pas accès à une eau potable salubre ». Conséquence : dans les pays en développement, 80% des maladies sont liées à l’eau et causent la mort prématurée de trois millions de personnes chaque année.

Enfin, 90 % des 3 milliards d’habitants qui s’ajouteront à la population du monde d’ici 2050 se trouveront dans les pays en développement, principalement dans des régions où, actuellement, la population ne bénéficie pas d’un accès correct à l’eau potable et à l’assainissement.

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Source : Le Monde

2) Les pressions sur la demande en eau : une partie de la population reste privée d’un accès satisfaisant à l’eau, mais la demande pour cette ressource n’a jamais été aussi forte.

« La croissance démographique se traduit par des besoins accrus en produits agricoles et donc des besoins croissants en eau. L’agriculture demeure le secteur le plus gourmand en eau puisqu’il représente à lui seul 70% de l’ensemble de la consommation (contre 20% pour l’industrie et 10% pour les besoins domestiques) ». Les prélèvements d’eau douce ont en effet triplé depuis 50 ans et les zones irriguées ont doublé pendant la même période, phénomène lié à la croissance démographique. Si l’agriculture n’améliore pas sa façon d’utiliser l’eau, la demande mondiale pour ce secteur passera, selon toute probabilité, de 70 à 90 % de la consommation totale (Comprehensive Assessment of Water Management in Agriculture, 2007).

L’évolution des modes de consommation alimentaire est également en cause : plus forte demande en viande et en produits laitiers dans les pays émergents (la production d’un kilo de blé nécessite de 800 à 4000 litres d’eau, un kilo de viande de bœuf en demande entre 2000 et 16 000 litres).

Poids significatif de l’évolution de la production de biocarburants : celle de l’éthanol à triplé entre 2000 et 2007 (Brésil et Etats-Unis assurent 77% de la demande mondiale), d’autant plus que la part de ces derniers dans l’utilisation des carburants reste faible.

Rythme accéléré du développement des besoins en énergie : la demande mondiale d’énergie pourrait augmenter de 55% d’ici 2030 (45% pour la Chine et l’Inde)

3) Les effets du changement climatique : selon la communauté des chercheurs, il faut s’attendre à une accélération du cycle hydrologique, donc une augmentation de l’évaporation et des précipitations. Les effets sont encore incertains, mais il faut s’attendre à des conséquences, en particulier sur la qualité de l’eau et sur la sécheresse et les inondations.

En 2030, 47% de la population vivra dans des régions déjà soumises à un fort stress hydrique. En Afrique, entre 75 et 250 millions de personnes seront confrontées en 2020 à des pénuries croissantes liées au changement climatique. Or, la pénurie que connaîtront certaines régions arides et semi-arides aura un impact décisif sur les migrations. On estime de 24 à 700 millions de personnes qui pourraient être forcées de migrer pour des raisons liées à l’eau, ceux que l’on nomme les « réfugiés » climatiques et qui n’ont pas encore de statut juridique.

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Source : Le Monde

 

4) Suite à ce qui précède, les auteurs de ce rapport estiment qu’il est primordial d’investir dans l’eau, en particulier dans les infrastructures d’adduction d’eau. Mais investir dans ces infrastructures est très coûteux et les pays riches ne sont pas les seuls à devoir investir dans l’eau. Or, l’aide publique au développement allouée au secteur de l’eau dans son ensemble est en diminution et ne représente que près de 5% du flux total de l’aide.

5) Une bonne gestion de l’eau : certains pays ont déjà commencé à intégrer une stratégie de gestion des ressources en eau dans leur plan de développement.

Exemple, en Zambie (réhabilitation et l’extension des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement et d’hygiène, sensibilisation des citadins…) ; en Australie (restrictions d’arrosage des jardins, de lavage de voitures, de remplissage des piscines…) dans toutes les grandes villes australiennes… En région méditerranéenne, 25% de l’eau acheminée dans les zones urbaines et 20% de celle qui transite par les canaux d’irrigation se perd. Or, des villes comme Rabat (Maroc) ou Tunis (Tunisie) sont parvenues à réduire leurs pertes de 10%.

Autres procédés de gestion de l’eau : le traitement par recyclage des eaux usées à des fins agricoles : 40% des besoins de Gaza (Territoires palestiniens), 15% de ceux d’Israël et 16% de ceux de l’Egypte sont couverts par le recyclage des eaux usées. La désalinisation de l’eau de mer, procédé utilisé dans les régions arides : Arabie saoudite, Israël, Chypre…

Source : UNESCOPRESS, 12-03-2009


2 réflexions sur “Nouveau Rapport mondial de l’ONU sur les ressources en eau

  1. J’ai été plus qu’effrayé par la gravité de la situation de l’eau dans le monde. Je savais que la planète avait des problèmes liés à l’eau, mais mes réflexions ne s’arrêtaient que dans le présent. À la lumière des détails sur l’eau que ce rapport nous donne, surtout par rapport à tous les dangers que nous courrons, franchement ça me conforte dans mon idée de n’avoir que 3 enfants! Merci pour toutes ces informations, bénéfiques pour l’ong que je désire créer, et pour cette tribune que vous m’avez offerte. MASSEMBE Fleurby, Kinshasa, République Démocratique du Congo.

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