L’eau : des tensions transfontalières aux conflits intra-urbains


Le 5e Forum mondial de l’eau à Istanbul a mis en garde, lors de son ouverture, lundi 16 mars, contre des pratiques « inconséquentes »:

– Il faut stopper les comportements déraisonnables ;

– Mettre en place un partage équitable des ressources face aux pressions climatiques et démographiques ;

– Mettre en place une lutte contre la sécheresse, lutte qui passe forcément par celle face au changement climatique ;

– résoudre le problème eau/santé car 2,5 milliards de personnes n’ont pas accès à des sanitaires, ce qui favorise la propagation des maladies.

Le Nil

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Source : Diaporama Le Monde

En effet, le rapport sur l’eau des Nations Unies, qui doit être présenté au Forum mondial de l’eau, à Istanbul, (cf. Planète Vivante) réaffirme le lien entre pauvreté et problème d’accès à l’eau qui est au coeur du problème et particulièrement conditionné par le changement climatique également.

Les questions se posent à tous les niveaux, du local au global : quels vont être les impacts du changement climatique et de la crise économique ? Est-ce qu’une meilleure gestion de l’eau pourrait contribuer à réduire la faim et la pauvreté et comment ? Pourra-t-on éviter les conflits éventuels liés à l’eau par l’intermédiaire d’une coopération transfrontalière durable ?

Cette dernière question est particulièrement inquiétante. Tout pays a besoin d’eau pour son agriculture, pour nourrir sa population et pour lui offrir des conditions sanitaires dignes de ce nom. Or, non seulement une pénurie d’eau est annoncée en raison de la forte croissance démographique prévue (de plus de 6 milliards d’habitants actuellement à environ 9 milliards d’ici 2050) mais il est également à craindre que, du fait de l’enjeu économique qu’elle représente,  la répartition de cette eau engendre des conflits transfrontaliers importants et des révoltes intra-urbaines.

Concurrence internationale pour l’accès à l’eau

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Il existe déjà, à l’heure actuelle, des tensions pour le partage de l’eau, en Afrique, mais aussi en Amérique centrale, au Canada et dans l’Ouest des Etats-Unis (cf. post Planète Vivante sur Las Vegas). Les tensions les plus importantes sont celles qui animent le Proche-Orient : en Egypte, par exemple, la vie des habitants reposent entièrement sur le Nil mais ce fleuve alimente également l’Ethiopie et le Soudan ; La Turquie a déjà menacé l’Irak et la Syrie de leur couper l’eau du Tigre et de l’Euphrate puisqu’elle a aménagé leur cours supérieur avec de nombreux barrages. Or ces derniers, diminuent forcément l’écoulement en aval.

Lorsque l’on regarde la carte ci-dessus et notamment les pays dépendants à 90 et 100% des autres en eau, on peut être très inquiet pour l’Europe de l’Est, l’Afrique centrale et le Moyen-Orient, ainsi que le Sud de l’Amérique latine, Argentine et Bolivie).

Prenons le cas du Nil. Ce fleuve est issu de la rencontre du Nil Blanc (source au Burundi) et du Nil Bleu (source en Ethiopie). Ils se rejoignent près de Karthoum (capitale du Soudan) et se jette dans la mer Méditerranée, en Egypte, après avoir parcouru près de 7000 km. 95 % des Egyptiens vivent sur les rives de ce fleuve qui permet de mettre en culture 6% du territoire. Actuellement, l’eau est captée et redistribuée sur les terres agricoles grâce à de nombreux barrages, dont le plus important est celui d’Assouan dont la construction a été acceptée ainsi que des barrages au Soudan régissant la répartition des eaux entre l’Egypte et le Soudan en 1959. Il est clair que cette répartition des ressources en eau ne fait pas l’unanimité, d’autant plus que les besoins en eau augmentent de plus en plus et que l’agriculture du Soudan représente 25% du PIB.

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Source : Image satellite de la NASA (Cliquer dessus pour l’agrandir)

Il est indispensable de repenser entièrement la distribution de l’eau des pays appartenant au bassin du Nil et d’élaborer une politique commune de l’utilisation de l’eau. Le Nil constitue donc un exemple de conflit potentiel entre plusieurs pays. En 2000, le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) a présenté un rapport sur le thème « Warter Sharing in the Nile River Valley » (Partage de l’eau dans la vallée du Nil). Mais le programme est difficile à mettre sur pied, le bassin du Nil, en raison de sa taille et de la variété de climats et de reliefs qu’il parcourt, constituant le plus complexe des tous les grands bassins du monde.

A lire également « Les comités d’eau de Cochabamba » (en Bolivie) pour comprendre que le problème de l’eau peut entraîner des révoltes sociales dans certains quartiers de grandes villes des pays en développement.

A voir : l’émission à la une de France 24 « Pénurie : eau secours ! »

A voir et écouter l’excellent portefolio sonore du journal Le Monde « La gestion de l’eau est une question très politique« 

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2 réflexions sur “L’eau : des tensions transfontalières aux conflits intra-urbains

  1. bonjour,
    j’écris juste pour signaler que vos travaux sont supers ! je suis au lycée et on travail justement sur ce sujet en ce moment. Merci pour toutes ces informations et explications. 🙂

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