G8/Changement climatique et sécurité alimentaire : ce qui était souhaitable et ce qui a été décidé…


Le 6 juillet 2009, quelques jours avant l’ouverture du Sommet du G8 à L’Aquila, OXFAM International a publié un rapport , « Suffering the Science – Climate Change, People and Poverty » (traduit en français « Le coût humain du changement climatique – Climat, impact humain et pauvreté« ) qui est intéressant à plusieurs niveaux. En effet, ce rapport est fondé sur les dernières observations des scientifiques et il présente un état des lieux des récents impacts humains, à l’aide d’exemples précis, ce qui permet à l’ONG d’en déduire les conséquences à moyen et long termes ainsi que l’action qui doit être menée.

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Des villageois Bangladeshi travaillent à la reconstruction d’une digue à Protap Nagar dans la région de Shatkhira, au Bangladesh (dimanche 31 mai 2009). (AP Photo/Pavel Rahman) (The Big Picture, Cyclone Aila).


1) Résultats des travaux récents du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat – IPCC en anglais)

Deux ans après que les scientifiques aient exposé les conclusions du Groupe (2007) et attesté le réchauffement climatique, les scientifiques ont apporté de nouvelles preuves au cours du printemps 2009. Des observations récentes révèlent que les émissions de gaz à effet de serre se trouvent sont au niveau le plus élevé prévu par le GIEC, ce qui entraînerait, entre autres et probablement des sécheresses extrêmes, mais aussi des bouleversements brutaux et de grande ampleur dans les écosystèmes de l’Arctique, des montagnes et des forêts tropicales. Les chercheurs en sciences sociales, insistent sur la vulnérabilité des populations les plus pauvres et sur le fait que les conséquences du changement climatique seront inégale. Il est donc indispensable et urgent d’élaborer des stratégies et des financements permettant aux pays de pouvoir s’adapter.

2) Les impacts et les inégalités des populations devant le changement climatique

D’énormes impacts risquent de se produire, particulièrement, à court terme, dans les pays les plus pauvres. Le plus important sera certainement l’augmentation des famines. Le dérèglement des températures, les excès de sécheresse et/ou de précipitations sont très néfastes pour des cultures comme le riz et le maïs. Or, dans de nombreux pays en voie de développement, ils constituent la base alimentaire. Par ailleurs, le changement climatique est propice au développement de maladies tropicales transmises par l’eau et et les insectes. Le risque de voir augmenter le nombre de personnes infectées par la malaria, par exemple, est particulièrement inquiétant, sachant que d’ores et déjà le paludisme est la seconde cause de mortalité dans le monde après le Sida. Une des conséquences immédiates est la diminution des capacités de travail, sans oublier le nombre de décès causé par ces maladies.

La fréquence des catastrophes liées au climat a énormément augmenté et leur ampleur également entre 1975 et 2008. Qu’en sera-t-il en 2020, 2030 ou 2050 ? Un certain nombre de régions sont également menacées par la pénurie d’eau et la migration climatique a commencé, ce qui pourrait, dans les deux cas, engendrer des conflits régionaux, voire même plus étendus.

C’est pourquoi, la baisse des émissions de CO2 de 50% d’ici 2050, entérinée par le G8 à L’Aquila, est une décision très risquée. L’objectif d’une baisse des émissions d’ici 2020 d’au moins 40% par rapport au niveau de 1990 sur laquelle s’est engagée l’Union européenne et d’une réduction de 80% à l’échelle mondiale d’ici 2050 en respectant les 2°C est certainement la solution afin d’éviter le point de non retour.

Enfin, le Sommet du G8 s’est achevé, aujourd’hui (vendredi 10 juillet 2009) sur une « déclaration commune des pays du G8, des pays émergents et des pays africains qui se sont engagés à mobiliser 20 milliards de dollars (soit 14,4 milliards d’euros) sur 3 ans, afin de garantir la sécurité alimentaire dans le monde, et ainsi lutter contre la faim« . (Le Monde, 10.07.09 | 15h07). Mais la racine du problème reste évidemment la forte croissance démographique et l’aide au développement d’une agriculture durable.

Vidéo OXFAM International (9 juillet 2009)

Manifestation Oxfam Interional lors du Sommet du G8 en Italie afin de faire pression sur les chefs d’Etat des pays riches pour l’augmentation de l’aide au développement, la prise d’une position sur le changement climatique et l’investissement dans le développement de l’agriculture des pays en développement afin que les pays les plus pauvres soient moins dépendant de l’aide humanitaire.

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