Impacts de la tempête tropicale Molave en Asie du Sud


Touchée par 50% des catastrophes majeures, l’Asie est traditionnellement une terre de risques naturels, non seulement en termes de séismes mais également en raison des variations climatiques qui, chaque année, sont souvent lourdes de conséquences. La mousson, El Nino conditionnent chacun les épisodes de sécheresse ou d’inondations (crues, glissements de terrain…). Les tempêtes tropicales et les cyclones apportent également de fortes précipitations. Par ailleurs, la vulnérabilité de l’Asie augmente avec la forte croissance démographique et également la concentration importante des populations dans les régions particulièrement exposées aux inondations. Peu de pays, en dehors du Japon et dans une certaine mesure La Chine,ont mis en place des moyens pour la prévention et la gestion des risques et des catastrophes.

1) La tempête tropicale Molave, qui en s’approchant des côtes chinoises s’est transformée en cyclone de catégorie 1, a touché terre dans la province de Guangdong dans la nuit de samedi à dimanche apportant de fortes pluies et des vents violents (145 km/h) : des milliers de personnes ont du être évacuées mais les impacts ont été moindres en raison de l’heure tardive, la population étant dans les maisons.

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Fortes pluies sur Shenzhen, province du Guangdong (photo Xinhua)

Molave a ensuite été rétrogradé au stade de tempête tropicale après son passage sur la province de Guangdong, en arrivant sur le Guangxi.

Carte de situation

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Source : Google Maps

2) Réaction en chaîne, de très fortes pluies causées par la tempête tropicale Molave affaiblie ont frappé la région montagneuse du Nord du VietNam, causant des inondations dans la capitale du pays, Hanoï.

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Inondations à Hanoï, Photo AP

Inondation et glissements de terrain avaient déjà affecté la région au début du mois de juillet, tuant 34 personnes et endommageant des centaines de maison dans les 7 provinces du Nord du pays (lire à ce sujet : « Inondations sévères en Asie : Chine et Vietnam (juillet 2009) » et « Les fortes précipitations et les inondations en Asie (Earth Observatory – juillet 2009)« . Par ailleurs, les inondations sont devenues plus fréquentes à Hanoï car les routes et les systèmes de drainage sont obsolètes en raison d’une population croissante.

Carte de situation :

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Source : Google Maps pour la carte complète

Encadré surl’information climatique au Vietnam

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Source : Organisation Mondiale de la Météorologie

3) Mais la tempête tropicale Molave n’a pas épargné non plus les Philippines comme nous l’avons déjà souligné dans un « post » récemment (« Tempête tropicale Molave : 6e système tropical dans le bassin Pacifique Nord-Ouest« . En effet, durant les deux dernières décennies, les tempêtes et les moussons ont provoqué des inondations, des maladies et un arrêt des activités à Balangiga, dans le Samar Oriental lors de chaque crue.

Des mesures ont été prises grâce à la mise en place d’un suivi stratégique pour le développement communautaire (Community-driven development strategy-CDD), le KALAHI-CIDSS, qui permet aux résidents de canaliser les crues vers la mer par l’intémerdiaire de la construction d’un réseau de canaux. Ce comité de pilotage a non seulement permis aux communautés locales d’endiguer les inondations et d’améliorer leur conditions sanitaires, mais aussi de créer des emplois pour les résidents locaux, diminuant ainsi la pauvreté.

Le KALAHI-CIDSS est un projet entrepris avec l’appui de la Banque mondiale dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), les priorités définies par la mission de la Banque (CAP)  et les priorités relatives aux biens publics mondiaux (GPG). Le KALAHI-CIDSS apprend aux villageois à planifier des projet, les forme pour la conception technique, la gestion financière et la mise en place d’un ensemble de leaders au niveau local. Le projet fournit aussi aux villageois l’accès aux informations, l’expression de leurs avis qui peuvent influencer la gouvernance locale. Les communautés sont ainsi autorisées à choisir les projets concernant les défis locaux.

Balangiga a 12 000 habitants. La majorité sont agriculteurs et dépendent de la culture du riz et du coco, ainsi que de la pêche. Sans drainage, lors des crues, l’eau monte jusqu’aux genoux et stagne pendant des jours causant des maladies qui touchent particulièrement les enfants, sous la forme de problèmes de peau comme les abcès, la gale et l’impétigo.

Un habitant de Makati (Philippines), tire de l’eau d’une pompe dans une rue inondée après le passage de la tempête tropicale Molave.

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Photo Aaron Favilia/Associated Press/Wall Street Journal

4) Autre exemple de la vulnérabilité de cette région, le Bureau Central de la météorologie (Central Weather Bureau) de Taïwan, souligne que la région est touchée en moyenne par 3,1 cyclones par an mais que ce nombre a augmenté depuis les cinq dernières années pour atteindre la moyenne de 4,4. Par ailleurs, chaque tempête ou cyclone obligent les habitants des parties les plus basses de Taïwan à se déplacer vers les hauteurs.


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