Vendée et Charente-Maritime : 5 jours après le passage de Xynthia


Une reconnaissance effectuée le 5 mars 2010 montre les impacts de la tempête Xynthia, principalement dans le Sud de la Vendée et le Nord de la Charente-Maritime. Toutes les photos que nous avons prises se trouvent sur le compte Flickr « Planète Vivante » et sont géolocalisées précisément. La carte de Google Maps ci-dessous nous a permis d’en replacer certaines.

Exemples d’impacts de la tempête Xynthia en Vendée et Charente-Maritime (05/03/2010)

Je suis allée aujourd’hui (pour la 2e fois depuis la tempête) à la Faute-sur-Mer et j’ai constaté que de nombreuses maisons sont déjà en vente… Beaucoup d’habitants vont quitter la ville où l’on déjà fait. L’eau commence à baisser. Dans les zones urbanisées le pompage continue au niveau des habitations. A La Faute-sur-Mer, comme à l’Aiguillon, des travaux d’assainissements sont en court. Mais les pointes de l’Aiguillon et d’Arçay sont encore inondées et inaccessibles car les pompiers continuent à évacuer l’eau. Inaccessible également la pointe St Clément à Esnandes. Dans les villes et villages les plus touchés, de nombreuses rues sont encore interdites à la circulation et très endommagées, même si l’eau a été évacuée en grande partie.

Le service de cartographie rapide du SERTIT (Service Régional de Traitement d’Image et de Télédétection) a réalisé des cartes pour les différents secteurs inondés après le passage de la tempête Xynthia montrant l’impact des inondations et les surfaces inondées détectées à partir d’une image SPOT 4 (10m) acquise le 2 mars 2010 et d’images ENVISAT ASAR (12.5m) et Radarsat-2 (6m) acquises le 4 mars 2010 accessibles ICI

Carte de suivi des inondations : Secteur de L’Aiguillon-sur-Mer à Charron, Vendée/Charente-Maritime

Source : SERTIT

La pointe d’Arçay où s’est développée la ville de la Faute-sur-Mer est ce que l’on appelle une flèche littorale constituée par l’accumulation du sable apporté par la dérive littorale. Il s’agit donc d’une construction particulièrement variable reposant sur l’interaction de plusieurs facteurs instables : les courants marins, le vent, la houle, les marées, la colonisation végétale et les actions de l’homme (notamment l’urbanisation anarchique du littoral). La carte suivante permet de comprendre l’évolution de la pointe d’Arçay.
Carte de la progression de la Pointe d’Arçay depuis le XVIIIe siècle
Source : Patrimoine géologique vendéen (Conseil général de Vendée) à partir de la carte géologique 1/50 000, de l’article de P. Galichon (1985)* et de la carte IGN de 1999
Il est donc très difficile de laisser des populations se réinstaller dans une zone à haut risque de ce type, construite au-dessous du niveau de la mer, alors que l’on sait parfaitement qu’en dehors du risque de tempête engendrant des inondations, phénomène qui risque de se répéter fréquemment, on aura une élévation du niveau de la mer qui va progresser pour atteindre probablement 1m en 2100, selon les géologues du BRGM. Or, dès la fin du mois, de nouvelles grandes marées, dont les coefficients seront compris entre 101 et 112, sont prévues sur un terrain déjà fortement fragilisé.
La construction de digues ne peut pas être l’unique moyen de lutter contre les risques de submersion littorale (cf. la présentation du plan de reconstruction et de renforcement des digues, présenté le 3 mars 2010 par Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Environnement).
* Galichon P. (1985) – La formation des crochons sédimentaires : le cas de la Pointe d’Arçay (Vendée, France). Revue de Géographie physique et de Géologie dynamique, 26 (3) : 163-171 .

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