Impacts du changement climatique sur la pauvreté : comment les maîtriser ?


La Banque mondiale a publié dimanche 8 novembre 2015 un rapport démontrant que réchauffement climatique et pauvreté sont étroitement liés comme le déclare le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim :

« Ce rapport établit clairement qu’il ne sera pas possible de mettre fin à la pauvreté si nous ne prenons pas des mesures énergiques pour atténuer la menace que le changement climatique fait peser sur les pauvres et si nous ne réduisons pas massivement les émissions nuisibles » (…) Ce sont les plus démunis qui sont le plus durement frappés par le changement climatique. Le défi auquel nous sommes maintenant confrontés consiste à éviter que le dérèglement du climat ne plonge dans l’extrême pauvreté des dizaines de millions d’êtres humains ».

Selon ce rapport de la Banque Mondiale, pour mettre fin à la pauvreté, le changement climatique et ses effets sur les populations pauvres devront être pris en compte dans les politiques de développement donc, durant les négociations de la COP21.

Même les populations situées au-dessus du seuil de pauvreté risquent de basculer dans la pauvreté s’ils sont directement impactés par des catastrophes naturelles. L’objectif de la communauté internationale de maintenir l’élévation de la température mondiale sous la barre des 2°C est de ce fait primordial pour lutter contre la pauvreté.

Réchauffement climatique et pauvreté - Interaction - Banque Mondiale Novembre 2015
Réchauffement climatique et pauvreté – Interaction – Banque Mondiale novembre 2015 (Note : chaque cas au Bangladesh est un cas d’étude différent).

La figure 1 montre que les personnes pauvres sont plus affectés par les catastrophes naturelles que les autres, parce qu’ils sont souvent plus exposés : très peu de ressources financières, habitat précaire situés dans des zones dangereuses (terrains instables et parfois en pente, matériaux de construction ne résistant pas aux conditions extrêmes  du climat…), baisse ou destruction des récoltes pour les agriculteurs, pas ou peu d’accès à une protection sociale et à une couverture maladie, et, lorsqu’ils sont touchés les plus pauvres perdent tout et n’ont plus la possibilité de faire face. Par ailleurs les personnes vivant dans des pays pauvres sont également beaucoup plus touchées par les risques sanitaires lors de catastrophes naturelles. Enfin il est important de rappeler que les pays les plus touchés par les catastrophes naturelles sont ceux qui sont situés dans la zone intertropicale et qui sont aussi également parmi les plus pauvres !

Un exemple traité dans ce blog en 2009, suite au passage du cyclone Aila dans le golfe du Bengale montre parfaitement l’interaction pauvreté/risques dus aux catastrophes naturelles, présentait déjà cette corrélation entre catastrophes naturelles et pauvreté.

Si le développement n’est pas rapide et inclusif, ou s’il ne tient pas compte du facteur climatique, le changement climatique pourrait faire basculer 100 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté à l’horizon 2030. (Rapport Banque Mondiale, novembre 2015)

La Banque mondiale insiste sur le fait qu’il est indispensable de travailler sur le développement durable dans les pays pauvres et présente deux scénarios dans ce rapport : un scénario pauvreté et un scénario prospérité transcrits à travers les 2 cartes ci-dessous.

Les politiques de développement peuvent réduire les impacts du changement climatique sur la pauvreté à l’horizon 2030 (Augmentation du nombre de gens vivant dans l’extrême pauvreté en 2030 à cause du changement climatique (% de la population)

Source : Banque Mondiale (IBRD 41903 et IBRD 41904, Septembre 2015)
Source : Banque Mondiale (IBRD 41903 et IBRD 41904, septembre 2015)

Ces deux cartes permettent de constater que les régions où les plus forts impacts, dans les deux cas se produiraient en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Ce qui signifie qu’il est primordial de mettre en place une politique visant à réduire la vulnérabilité des gens pauvres mais également, une politique de développement prenant en compte le facteur climatique (renforcement de la protection contre les inondations et choix de cultures adaptées).

 

Des mesures immédiates de réduction des émissions sont nécessaires pour stabiliser le changement climatique et réduire la menace qu’il représente pour l’éradication de la pauvreté à long terme. (Rapport Banque Mondiale, novembre 2015)

Comme le souligne ce rapport de la Banque Mondiale, parmi ces mesures, tous les pays devraient mettre en place une taxe carbone ou/et réformer les subventions sur l’énergie, ce qui permettraient des politiques de redistribution ou le renforcement de systèmes de protection sociale, l’accès à l’eau potable ou l’assainissement dans les pays les plus pauvres. Cependant, dans les pays à faible PIB, les ressources nationales seront insuffisantes et un soutien de la communauté internationale sera indispensable notamment pour les investissements dans les transports urbains, les infrastructures énergétiques ou la lutte contre la déforestation qui sont des actions urgentes et dont le coût est élevé. Les pays riches se sont engagés à financer une aide de 100 milliards de $ d’ici à 2020 pour financer la lutte contre le réchauffement climatique.

Rapport Banque mondiale, Novembre 2015
Rapport Banque mondiale, novembre 2015

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