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Fukushima, 5 ans après le séisme au Japon : conséquences et reconstruction


Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 a eu lieu au large de la côte orientale du Japon, générant un tsunami qui a gravement endommagé les zones côtières et a donné lieu à 15 891 morts et 2579 disparus, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Une des conséquences du tsunami est l’accident dans la station nucléaire de Fukushima Daiichi, située le long de la côte. La station a perdu la capacité de refroidissement du cœur qui a causé de graves dommages à la base du réacteur et conduit à un accident nucléaire classé au niveau 7 sur l’échelle internationale des événements nucléaires : des quantités importantes de matières radioactives ont été libérés dans l’environnement à la suite des explosions des 12, 14 et 15 Mars.

A satellite photo of the Fukushima Daiichi plant showed the damage done to reactors 1 and 3 - Source bbC News - 14 mars 2011
A satellite photo of the Fukushima Daiichi plant showed the damage done to reactors 1 and 3 – Source bbC News – 14 mars 2011

Conséquences sur la santé publique (Reliefweb)

Selon un rapport de l’OMS en 2015, certaines conséquences sont liées aux actions de réponse à la catastrophe, telles que l’évacuation et la relocalisation des personnes. Ces mesures ont été prises sur la base de considérations de sécurité suite à l’accident nucléaire et également en raison des énormes dégâts des infrastructures et des installations après le séisme et le tsunami. Ces mesures ont donné lieu à de nombreuses conséquences sanitaires sociales, économiques et publiques :

  • forte augmentation de la mortalité chez les personnes âgées qui ont été mis dans des logements temporaires
  • risque accru de maladies non transmissibles, comme le diabète et les problèmes de santé mentale
  • manque d’accès aux soins de santé

Les populations déplacées de la région de Fukushima souffrent des impacts

  • psychosociaux et mentaux après leur réinstallation,
  • de la rupture des liens sociaux pour ceux qui ont perdu leurs maisons et leur emploi
  • de la déconnexion des liens familiaux (les plus jeunes étant partis travailler ailleurs)
Zones dévacuation autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi - Source CNN
Zones dévacuation autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi – Source CNN

Parmi la population enfantine évacuée, des problèmes psychologiques comme l’hyperactivité, les symptômes émotionnels et des troubles du comportement ont également été signalés.

Les personnes vivant dans le voisinage de la FDNPS ont été exposés à l’extérieur à l’irradiation des dépôts de nuages ​​et le sol radioactif et à l’intérieur par l’inhalation de l’air et l’ingestion d’aliments et d’eau contaminée (consommation de lait et de légumes).  Pour les adultes, le risque est à long terme mais pour les jeunes enfants, l’exposition à l’iode radioactif est généralement plus élevé en raison de la faible taille de la thyroïde. Il devront donc faire l’objet d’un suivi médical préventif.

Le rôle de l’IFRC pour la résilience

La population, après 5 ans, est toujours encadrée par la Fédération Internationale de la Croix Rouge et du Croissant Rouge (IFRC). La vie reprends son cours, mais très peu de villes et de communautés le long de la côte se repeuplent. En effet, en dépit des progrès, de la reconstruction des maisons et des infrastructures locales, plus de 186 000 personnes – la majorité de Fukushima – ne sont pas en mesure de rentrer chez elles ou ne le souhaitent pas. Si près de 80 %t des terres agricoles autour de Fukushima ont été décontaminées, certaines communautés les plus proches de la centrale nucléaire resteront encore inhabitables pendant des années.

On estime que 70.000 personnes, dont beaucoup originaires du département de Fukushima, continuent à résider dans des logements au sein de campements temporaires.  (Source IFRC – 2016)

The Great East Japan Earthquake and Tsunami – Five Years On

Retour des déplacés dans leurs communautés d’origine et reconstruction

Le retour volontaire est l’un des objectifs proposés aux personnes déplacées à l’intérieur de leur pays (IDPs). L’accident nucléaire de Fukushima Daiichi en Mars 2011, qui a suivi le tremblement de terre et le tsunami, a entraîné le déplacement de plus de 150 000 personnes pour des raisons de sécurité (matières radioactives libérées par les réacteurs) et destruction totale des habitations.  Cependant, dans le cas présent, les déplacés peuvent aussi (théoriquement) choisir d’être réinstallés dans une autre région du pays (IOM).

Dans un article, publié le 11/03/2016, « À Fukushima, la population est dans une situation inextricable » Cécile Asanuma-Brice, chercheuse associée au centre de recherche de la Maison franco-japonaise de Tokyo et au Laboratoire international associé « Protection humaine et réponse au désastre » (HPDR) créé par le CNRS et d’autres institutions françaises et japonaises, à la suite de la catastrophe de Fukushima, décrypte la politique qui vise à inciter ces personnes à réintégrer les zones encore contaminées.

Elle s’appuie, notamment, sur les chiffres de déplacés internes publiés par le gouvernement qui, pour certains ne sont pas comptabilisés de la même façon que ceux présentés par la Croix Rouge, mais qui ont été calculés dans le cadre de l’enquête de la préfecture de Fukushima au 30 janvier 2015 :

73 077 à l’intérieur du département de Fukushima et 45 735 à l’extérieur, ce qui représente une baisse puisque les mêmes statistiques officielles affichaient 160 000 personnes déplacées en 2011, quelques mois après la catastrophe

et qu’elle considère comme inférieurs à la réalité en raison de la difficulté à recenser toutes les personnes.

Beaucoup de facteurs économiques et financiers entrent en jeu et l’auteur souligne également une tendance à encourager les retours alors que beaucoup de déplacés souffrent encore du syndrome de la contamination :

le taux de contamination internationalement admis comme acceptable pour la population civile, soit 1 mSv/an. Dès avril 2011, les autorités ont relevé cette norme à 20 mSv/an dans la région la plus polluée, et il est actuellement question de la relever à 100 mSv/an !

le but étant aussi de redémarrer l’activité économique de la région touchée par le séisme…

Le Courrier International présente dans sa rubrique « Courrier Sciences » un diaporama consacré à « l’avant et l’après » Fukushima, sur l’état de la reconstruction de trois départements : Miyagi, Iwate et Fukushima

Si l’on parle des retours, force est de constater que l’entreprise Tepco n’en est qu’au début d’un chantier d’assainissement et de démantèlement qui doit s’étaler sur une quarantaine d’années, et certains de ces travaux prennent du retard.

Même si…

les écoulements d’eaux souterraines polluées vers l’océan, qui atteignaient par le passé un volume quotidien de 300 m3, ont été réduits à environ 10 m3 par jour. Cela, grâce à la construction d’un mur de 900 mètres de long et 35 mètres de haut en bordure de mer, complété de puits de pompage.

Source : Le Monde

Liens :

 

 

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