12-03-2015climatechange

COP22 : l’action face à l’urgence


Le 3 novembre, le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) a publié son rapport annuel sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions dans lequel il a rappelé que l’objectif principal de l’accord, à savoir limiter la hausse de la température mondiale bien en dessous de 2°C tout en s’efforçant de ne pas dépasser 1,5°C.  Or cet objectif, en l’état actuel, est très loin de pouvoir être atteint, même si le 4 novembre 2016, l’Accord de Paris sur le Climat est entré en vigueur, moins d’un an après son adoption par 196 pays, durant la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) le 12 décembre 2015 à Paris…Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon,a également souligné qu’à ce jour, près de 100 pays, représentant 70% des émissions de gaz à effet de serre, ont ratifié l’accord dont, les très gros émetteurs de gaz à effet de serre (GES) que sont la Chine, les États-Unis et l’Inde ainsi que les pays de l’Union Européenne, la ratification ayant été faite par le Parlement européen, réuni le mardi 4 octobre dernier.

L’inquiétude porte sur le temps que la mise en oeuvre des décisions de l’Accord de Paris va prendre. Le PNUE souligne notamment que, si les pays attendent encore quelques années avant de relever le niveau d’ambition, ils risquent :

  • de compromettre la possibilité d’atteindre l’objectif des 1,5°C,
  • d’accroître la dépendance à l’égard des technologies à forte intensité de carbone
  • et d’augmenter le coût d’une transition globale ultérieure vers une économie à faible taux d’émissions,
  • de passer à côté de la chance d’éviter un dérèglement climatique majeur et irréversible.

Pourquoi y-a-t-il urgence à réduire de 25 % les émissions prévues d’ici à 2030 ?

  • parce qu’en 2030, les émissions dépasseront de 12 à 14 gigatonnes les niveaux fixés pour limiter le réchauffement planétaire à 2°C (Une gigatonne équivaut plus ou moins aux émissions générées par les transports dans l’Union européenne – y compris par l’aviation – pendant un an).
  • parce que le rapport constate qu’en 2030, les émissions devraient atteindre 54 à 56 gigatonnes d’équivalent CO2 – soit largement au-dessus du niveau fixé à 42 Gt pour avoir une chance de limiter le réchauffement planétaire à 2 ℃ d’ici la fin du siècle.
  • parce que selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), il faudrait réduire les émissions de GES de 40 à 70 % d’ici 2050 (et les faire disparaître en 2100) pour espérer rester sous 2 °C, et les baisser de 70 à 95 % pour rester sous 1,5 °C. La planète continue à se diriger vers une hausse des températures de 2,9 à 3,4°C d’ici la fin du siècle malgré les engagements pris à Paris, même si l’Accord est entré en vigueur le 4 novembre 2016.

Si la COP21 était une première étape difficile, la COP22 qui s’ouvre demain, lundi 7 novembre 2016, est une seconde étape toute aussi gigantesque. 

Quels sont les objectifs incontournables de la COP22 ?

  • enjeu global : tous les pays doivent se mettre d’accord sur les outils de mise en œuvre des engagements pris en décembre 2015 pour une action le plus rapidement possible,
  • définir des règles de transparence passant par la vérification des engagements nationaux : il faut donc définir les informations à inclure dans les plans nationaux et fixer un degré de détail devant être observé, sachant que la date-butoir envisagée serait 2018.
  • transparence également pour la distribution de l’aide financière aux pays en développement et application des décisions de l’aide technique pour mettre en place des politiques de développement durable , comme les énergies renouvelables, les transports et les habitats durables, ainsi que le développement de nouvelles pratiques agricoles pour l’adaptation.
  • En ce qui concerne l’aide financière, dans les annexes de l’accord,100 milliards de dollars par an à partir de 2020 ont été prévus afin d’aider les pays les plus pauvres et les plus menacés à faire face aux changements climatiques. Une estimation publiée en octobre par l’OCDE et une quarantaine de pays estime que, sur la base des engagements déjà annoncés, l’aide publique atteindrait 67 milliards annuels en 2020, auxquels il faut ajouter l’aide privée. En attendant le fond vert mis en place en 2010 et doté d’un peu plus de dix milliards, commence tout juste à débloquer de l’argent pour des projets d’aide de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Compte tenu des données actuelles sur le climat, il serait souhaitable de réajuster le calendrier et de renforcer les engagements.

A lire : Climat : les engagements des Etats seront insuffisants pour tenir l’objectif de l’accord de Paris, Le Monde, Les Décodeurs, 03/11/2016

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