Lybie


28 février 2016

Un dossier du New York Times : Où la Lybie en est-elle 5 ans après l’intervention occidentale ?

1ère Partie

Comment l’intervention de la France, du Royaume Uni et des Etats-Unis a entraîné la chute du colonel Mouammar el-Kadhafi , le refus des milices  
de désarmer, une guerre civile entraînant des milliers de morts, la présence de 2 gouvernements opposés en Lybie et finalement la porte ouverte aux terroristes de l’Etat Islamique…

Volontaires rebelles à Benghazi, en Libye, en Mars 2011. Mme Clinton a poussé le président Obama à se joindre aux alliés pour les frappes aériennes en Libye, et finalement et les milices rebelles demandent la fourniture d'armes. Crédit Lynsey Addario pour The New York Times
Volontaires rebelles à Benghazi, en Libye, en Mars 2011. Mme Clinton a poussé le président Obama à se joindre aux alliés pour les frappes aériennes en Libye, et finalement et les milices rebelles demandent la fourniture d’armes. Crédit Lynsey Addario pour The New York Times
Mme Clinton avec le président français Nicolas Sarkozy à Paris le 19 Mars 2011, deux jours après une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies ayant autorisé «tous les moyens nécessaires» pour protéger les civils libyens. M. Sarkozy lui a dit que des avions de chasse français étaient déjà en vol. Crédit photo Pool by Lionel Bonaventure
Mme Clinton avec le président français Nicolas Sarkozy à Paris le 19 Mars 2011, deux jours après une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies ayant autorisé «tous les moyens nécessaires» pour protéger les civils libyens. M. Sarkozy lui a dit que des avions de chasse français étaient déjà en vol. Crédit photo Pool by Lionel Bonaventure The New York Times
Le colonel Kadhafi le 2 Mars 2011. Avant d' être renversé, il a dit que sans lui la Libye deviendrait un refuge pour les terroristes. Crédit Moises Saman pour The New York Times
Le colonel Kadhafi le 2 Mars 2011. Avant d’ être renversé, il a dit que sans lui la Libye deviendrait un refuge pour les terroristes. Crédit Moises Saman pour The New York Times

2e Partie

Les positions de l’Etat Islamique en Lybie.

En 2015, l’EI et les mouvements qui lui sont rattachés ont effectué une douzaine d’attaques en Lybie à seulement 380 km des côtes européennes.

La carte ci-dessous représente les épisodes de violence de l’EI qui contrôle plus de 240 km de côtes dans ce pays aux alentours de la ville de Surt

Source: Les données sur les épisodes de violence compilées par le conflit armé et Localisation du projet de données d'événements basés sur les bulletins de nouvelles By The New York Times
Source: Les données sur les épisodes de violence compilées par le conflit armé et la localisation du projet de données d’événements basés sur les bulletins de nouvelles
By The New York Times
Un dépôt à Benghazi où les armes et les munitions ont été collectées par les forces anti-Kadhafi. Les efforts américains pour sécuriser le vaste arsenal laissé par le colonel Mouammar el-Kadhafi a largement échoué. Credit Tyler Hicks / The New York Times
Un dépôt à Benghazi où les armes et les munitions ont été collectées par les forces anti-Kadhafi. Les efforts américains pour sécuriser le vaste arsenal laissé par le colonel Mouammar el-Kadhafi a largement échoué. Credit Tyler Hicks / The New York Times

Où les armes de la Lybie ont-elles été trouvées ? 

Les armes provenaient d’un trafic extérieur à la Libye depuis 2011, en particulier dans des zones reculées du pays au sud, de zones de conflits régionaux en partie du Mali et de la Syrie.

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Premières élections en Lybie depuis plus de 40 ans, Benghazi in July 2012 — CreditTomas Munita for The New York Times

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Lybiens en armes à Benghazi en février 2016, pour le 5e anniversaire de la révolution.  CreditEsam Omran Al-Fetori/Reuters The New York Times

Sélection_017

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24 février 2016

Le journal « Le Monde » a révélé que la France procédait en ce moment en Libye à des bombardements avec l’aide d’agents sur le terrain. Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, a aussitôt lancé une enquête pour « compromission du secret de la défense nationale »… confirmant les informations du quotidien ainsi que l’analyse de Patrick Haimzadeh dans le numéro du mois.

Vers une nouvelle intervention en Libye ?

Un dialogue national instrumentalisé par les Occidentaux

Le Monde Diplomatique

Après la conclusion d’un accord entre Parlements rivaux, la mise en place d’un gouvernement d’union nationale ouvre la voie à une action militaire occidentale en Libye. Dirigée contre les forces de l’Organisation de l’Etat islamique, une nouvelle ingérence de forces étrangères risquerait d’aggraver les violences entre factions et de faire échouer le fragile dialogue interlibyen (…).

Patrick Haimzadeh Ancien diplomate français à Tripoli (2001-2004), auteur de l’ouvrage Au cœur de la Libye de Kadhafi, Jean-Claude Lattès, Paris, 2011

A lire en complément :

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18 janvier 2016

Libye : l’EI profite du vide pour semer le chaos

L’organisation Etat islamique (EI) vient de passer à la vitesse supérieure en Libye alors qu’aucune solution politique au chaos dans lequel le pays est plongé ne semble pouvoir enrayer sa progression à court terme. Ancrée depuis six mois sur une bande territoriale d’environ 200 km autour de la ville de Syrte, sur le littoral central, l’organisation djihadiste vient de frapper de manière spectaculaire à l’extérieur de son bastion dans le but évident de prouver sa capacité de projection. (…)

Cette guerre civile mettant aux prises les héritiers de la révolution anti-Kadhafi a ouvert un vide qui a permis l’enracinement de l’EI dans la région de Syrte, et dans certaines autres poches plus localisées du littoral et du sud. Une telle stratégie d’implantation de l’organisation djihadiste au cœur du chaos libyen semble avoir pris un tour nouveau ces derniers mois dans le contexte de l’intensification des18 janvier 2016 frappes de la coalition internationale contre l’EI visant sa « capitale » syrienne Rakka. (…)

Les appels rituels des Nations unies et des capitales européennes à bâtir d’« urgence » un front commun anti-EI en Libye n’ont toutefois eu pour l’instant que des échos limités à Tobrouk comme à Tripoli, où les « durs » de chaque camp bloquent le processus de paix. « Chaque jour perdu dans la mise en œuvre de l’accord [du 17 décembre 2015] est un jour gagné pour Daech [l’acronyme arabe de l’EI] », a une nouvelle fois averti Martin Kobler. (…)

Dans ce contexte, la série d’attaques de ces derniers jours semble véhiculer deux messages distincts. Le premier tient à l’enjeu du pétrole, la ressource qui permit à l’ex-régime de Kadhafi de s’imposer comme un eldorado économique. Le « croissant pétrolier » est la principale plate-forme d’exportation du pétrole libyen : les ports de Sidra et Ras Lanouf traitent près de 40 % du brut vendu à l’étranger. Le chiffre est théorique puisque ces ports sont à l’arrêt depuis la fin 2014. Mais la bataille a toute son importance pour l’avenir. Sidra et Ras Lanouf sont désormais clairement dans la ligne de mire de l’EI dont l’enclave territoriale autour de Syrte s’arrêtait à Nofilia, en lisière du « croissant pétrolier », jusqu’à cette semaine. L’offensive déclenchée lundi a permis à l’EI de s’étendre plus à l’est, comme le prouve sa prise la localité de Ben Jawad, située à 25 km du port de Sidra, revendiquée dans une vidéo de propagande. Le gain stratégique est significatif. (…)

Le second message envoyé cette semaine par l’EI semble viser Misrata, grande métropole portuaire de l’Ouest libyen. « L’attentat de Zliten est clairement un message adressé à Misrata, la seule force s’opposant pour l’instant réellement à Daech », commente un intellectuel de Misrata s’exprimant sous le sceau de l’anonymat. Les milices de Misrata, déployées après la révolution sur de nombreux fronts à travers le pays, avaient échoué au printemps 2015 à prévenir la conquête de Syrte par l’EI. Elles se sont repliées depuis à Misrata, où elles forment un verrou stratégique pour endiguer une éventuelle progression de l’EI vers Tripoli.(…) Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
Journaliste au Monde.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2016/01/08/libye-l-ei-profite-du-vide-pour-semer-le-chaos_4843836_3210.html#6T6JBHfTh8H6ZRi4.99

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Avril 2015

En Libye, ce n’est pas le chaos, c’est la guerre

Le pétrole, un enjeu de la seconde guerre civile libyenne

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En Libye, ce n’est pas le chaos, c’est la guerre – Cartograpĥie de Cécile Marin, avril 2015 – Le Monde Diplomatique

Les deux gouvernements rivaux de Libye cherchent à contrôler les richesses pétrolières. La plupart des installations sont situées en Cyrénaïque et contrôlées par le pouvoir basé à Tobrouk et à El-Beida ; le gouvernement de M. Abdallah Al-Thani exige des opérateurs et des clients étrangers de ne traiter qu’avec la nouvelle compagnie pétrolière créée à Benghazi, sous peine de représailles légales. Le siège de la compagnie historique se trouve à Tripoli, ville contrôlée par la coalition de milices opposées au général Khalifa Haftar. Certains puits ou terminaux sont régulièrement attaqués par des groupes armés, et parfois investis par des tribus au nom de revendications sociales.

A lire en complément :

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