Cyclones, Ouragans, Typhons


2016

30 Août 2016

Activité dans l’océan Atlantique et le Pacifique Est et Centre

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La veille cyclonique au niveau mondial

L’Organisation météorologique mondiale (OMM/WMO) coordonne la veille cyclonique sur le plan international.  Le site est destiné à servir de plate-forme pour les sources d’information, des données et des outils qui sont utiles pour la surveillance et la prévision des cyclones tropicaux. Les prévisionnistes peuvent accéder aux différentes sources fournissant des données conventionnelles et spécialisées, des produits, y compris ceux des prédictions numériques et des observations de télédétection ainsi que des outils de prévision concernant le développement des cyclones tropicaux, leur trajectoire, leur intensification et les vents qu’ils génèrent.

Six associations régionales sont responsables de la coordination des activités météorologiques, hydrologiques et connexes dans leurs régions respectives. Respectivement, ces régions (Région I à VI) englobent les masses terrestres de: Afrique (AR I); Asie (AR II); Amérique du Sud (AR III); Amérique du Nord, Amérique centrale et les Caraïbes (AR IV); Pacifique Sud – Ouest (AR V); et, en Europe (AR VI), ainsi que leurs îles environnantes et les zones océaniques.

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L’OMM a désigné dans chaque bassin océanique un Centre météorologique régional spécialisé (CMRS/RSMCs en rouge) dans la prévision cyclonique :

  • Miami (Atlantique nord et Pacifique nord-est)
  • Tokyo (Pacifique nord-ouest),
  • Honolulu (Pacifique central),
  • New-Delhi (Golfe du Bengale et Mer d’Oman),
  • Nadi (Iles Fidji, Pacifique sud-ouest),
  • et le centre Météo-France de Saint-Denis de La Réunion (sud-ouest de l’Océan Indien).

Cinq centres secondaires, les Centres d’Avertissements de Cyclones Tropicaux (TCWCs en jaune), complètent la couverture des océans tropicaux autour de l’Australie, dans des zones de responsabilité plus restreintes :

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Chaque CMRS surveille, dans sa zone de responsabilité, toutes les dépressions tropicales, depuis leur formation jusqu’à leur disparition. Dès qu’un phénomène cyclonique est identifié, le centre météorologique régional spécialisé diffuse toutes les 6 heures (toutes les 3 heures à l’approche de zones habitées) un bulletin à tous les services météorologiques de la région. Cette prévision est associée à des mesures de prévention et de sensibilisation des populations au risque encouru et aux attitudes à adopter afin de minimiser les effets du cyclone.

La prévision cyclonique

La prévision cyclonique consiste à détecter la formation des phénomènes cycloniques puis à prévoir leur trajectoire, leur intensité et leurs principales conséquences. Elle utilise toutes les informations météorologiques disponibles : les Forecasting Global Guide to Tropical Cyclone au sol, en altitude (radiosondages), les données issues des avions chasseurs de cyclones, les images radars et satellitaires. L’imagerie satellitaire a révolutionné la prévision cyclonique et permet de pallier le manque d’observations sur les zones océaniques.
Aujourd’hui, les cyclones sont plus facilement observables et on peut mieux estimer leurs dimensions et le détail de leur structure. Un modèle spécifique de prévision de trajectoire et d’intensité développé par chaque CMRS simule leur évolution. Les prévisions actuelles ne peuvent excéder 24 heures. Au-delà, il s’agit de tendances.

Source : Météo France

Formation des cyclones

Chaque année, environ 80 tempêtes tropicales ou cyclones tropicaux (accompagnés de vents supérieurs à 117 km/h) se forment sur le globe au-dessus des eaux tropicales. Pour qu’un cyclone se développe, il faut certaines conditions :

  • la température de l’océan doit être élevée en surface (plus de 26°C) et sur 50-60 mètres de profondeur pour permettre une évaporation intense et des transferts d’humidité de l’océan vers l’atmosphère. Ce transfert est à son maximum à la fin de l’été lorsque les eaux de surface atteignent 28 à 29°C parfois plus . Ce besoin en eau chaude explique qu’il ne se forme généralement pas de cyclone en Atlantique sud ainsi que dans le sud-est (où les eaux sont relativement froides) et qu’ils s’affaiblissent rapidement en pénétrant à l’intérieur des terres.
  • De l’air chaud et humide au dessus des océans et du vent se déplaçant d’une zone de Hautes Pressions à une zone de Basses Pressions. Ainsi, l’évaporation de l’eau chaude et l’humidité donneront naissance à de violents orages qui grossissent en se déplaçant dans l’océan Atlantique d’Est en Ouest et le système va s’amplifier. Les vents commencent à accélérer en direction de la perturbation naissante.
  • Enfin, le devenir d’une tempête dépend en grande partie , de la circulation atmosphérique qui l’entoure. Si la variation d’intensité ou d’altitude des vents, il se produit ce que l’on appelle un cisaillement. Dans ce cas, si le vent est fort, la tempête peut se morceler et si il est faible, elle peut s’intensifier.

Pour information: dans la France des outremers, la saison cyclonique s’étend habituellement de juin à octobre aux Antilles et de novembre à avril dans l’hémisphère sud (Mayotte, Nouvelle Calédonie, Polynésie Française, La Réunion, Wallis et Futuna).

Schémas de formation des cyclones

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CLASSIFICATION DES PERTURBATIONS TROPICALES SUIVANT L’ECHELLE DE VERNON F.DVORAK

CLASSIFICATION OF TROPICAL DISTURBANCE FOLLOWING THE SCALE OF VERNON F.DVORAK

Comment se préparer à la saison des cyclones ?

Le National Hurricane Center proposait du 25 au 31 mai, la « semaine de Préparation aux cyclones »

Source : NHC-NOAA

L’histoire nous a appris qu’un manque de conscience cyclonique et de préparation sont à l’origine de dégâts importants dans le cas de désastres cycloniques majeurs. En connaissant notre vulnérabilité face à ces phénomènes et les actions préventives à prendre en considération, nous pouvons réduire les effets de ces désastres dus aux ouragans.

Le but du site Web d’État de préparation aux Ouragans (Hurricane preparedness) est d’informer le public des dangers cycloniques et de lui fournir la connaissance nécessaire qui peut être utilisée pour prendre des mesures de précaution. Ces informations peuvent être utilisées pour sauver des vies au travail, à la maison, mais aussi sur la route ou sur l’eau.

Les risques cycloniques se présentent sous différentes formes : houle cyclonique entraînant de hautes vagues, vents violents à très violents, tornade et inondations. Cela signifie qu’il est important que les familles aient des plans de protection contre tous ces dangers : avoir l’oeil sur les actions de sécurité associées à chaque type de danger durant la saison cyclonique et préparer un plan de sécurité en conséquence au niveau familial.

Bien sûr, il ne s’agit que d’un guide et la première chose est d’avoir du bon sens face à ce genre de catastrophes.

1) Houle cyclonique (Storm surge)

Une des causes de perte de vie les plus importantes est celle liée à la potentialité d’élévation de la mer causée par la houle cyclonique.

L’élévation du niveau de la mer, pousse l’eau au-delà de la limite normale des marées vers le rivage en raison de la force des vents. Cette élévation se combine avec les marées normales pour créer la marée cyclonique, qui peut augmenter le niveau moyen d’eau de 4,50m ou plus. Cette hausse du niveau de la mer peut causer de graves dommages sur les côtes.

Comme les côtes atlantiques et Caraïbes sont très peuplées et le niveau des littoraux étant souvent à moins de 3 m au-dessus du niveau de la mer, le danger d’une houle cyclonique est fréquent et parfois énorme.

Schémas de la houle cyclonique :

Donc, des grosses vagues peuvent toujours présenter des problèmes majeurs : bateaux endommagés ou détruits dans des ports, voire destruction d’habitat très proche du littoral

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APPELLATION et CLASSIFICATION dans la région ATLANTIQUE

Un cyclone est une perturbation à circulation tourbillonnaire des régions tropicales, généralement d’une intensité déjà forte. C’est un terme courant, à usage général, et on lui préfère, dans nos régions antillaises et dans les pays du continent américain, les termes de dépression tropicale, tempête tropicale ou ouragan, qui font référence à l’intensité des vents maximums générés. On considère en réalité le vent le plus fort en valeur soutenue durant 1 minute. C’est ce que l’on dénomme le vent maximum soutenu, les Américains disent Maximum Sustained Winds (en abrégé M.S.W.)

– Si ce vent soutenu ne dépasse pas 63 km/h, on parle de Dépression Tropicale. Elle est numérotée, la première de l’année en début de saison portant le numéro 1. Les vents étant faibles, les risques seront induits essentiellement par les pluies fortes, voire intenses.
– Si les vents soutenus les plus forts sont compris entre 63 et 117 km/h, on parle de Tempête Tropicale. On lui attribue un prénom, on en parle plus loin. Si les pluies sont toujours à craindre, les vents commencent à faire des dégâts, notamment dans la végétation fragile telle que les bananeraies, et avec eux la mer devient grosse et dangereuse à son passage.
– Si le cyclone est encore plus développé, les vents peuvent dépasser ce seuil de 117 km/h. C’est alors ce qu’on appelle depuis 1986 dans les Antilles françaises, un Ouragan. Pour distinguer l’ampleur des dégâts que ces vents peuvent occasionner, on a déterminé plusieurs catégories selon la force des vents maximums générés par ces ouragans.

La classification qui fait référence est celle de Saffir-Simpson, qui comporte 5 catégories :

* classe 1 : vents maximums compris entre 118 et 153 km/h ;
* classe 2 : vents maximums compris entre 154 et 177 km/h ;
* classe 3 : vents maximums compris entre 178 et 209 km/h ;
* classe 4 : vents maximums compris entre 210 et 249 km/h ;
* classe 5 : vents maximums dépassant 249 km/h, c’est la catégorie reine des super-cyclones.

On comprendra aisément que les ouragans dits majeurs ou intenses de catégorie 3 à 5 seront beaucoup plus redoutés par les vents violents et la mer déchaînée que les ouragans de classe inférieure.
© 2000 Météo-France

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Risques cycloniques : définitions (aléa, enjeu, risque)

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Mesures de prévention cyclonique aux Antilles françaises

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Vigilance météorologique Météo France

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Le guide sur la Vigilance Météorologique à la Réunion (océan Indien) : guide.pdf

Interprétation des images satellites en météorologie :

La prévision météorologique s’appuie, entre autres, sur l’étude simultanée de différents types d’images

« Images visibles »

Ce type d’image indique la mesure de l’intensité de la réflexion de la lumière solaire sur le sommet des nuages. Plus le nuage est réfléchissant, plus la couleur tendra vers le blanc.

Un nuage très dense apparaîtra en blanc, un nuage translucide apparaîtra en gris moyen.

Tous les nuages denses apparaissent (y compris les brouillards). Les cirrus et petits cumulus dont la taille est très inférieure à la résolution de l’image produiront un aspect voilé ou laiteux suivant le cas.

Ces images ne donnent aucune information sur l’altitude des nuages, elles donnent uniquement une information sur leur densité. En principe, les nuages les plus denses sont susceptibles de donner le plus de pluie.

« Images Infrarouges »

Ce type d’image indique la mesure de l’intensité d’émission Infrarouge, celle-ci étant fonction de la température (plus la température est élevée, plus l’émission infrarouge est élevée). Cette mesure permet donc d’estimer l’altitude du sommet des nuages, la température variant avec l’altitude.

Les zones de forte intensité infrarouge (les plus chaudes) apparaîtront en noir, celles de faible intensité (froides) en blanc ; ainsi, plus un nuage sera élevé, plus sa couleur sur l’image tendra vers le blanc.

Les nuages bas peuvent être confondus avec la terre ou la mer si leurs températures sont très proches.

La couleur de ces images peut être interprétée comme un relief superficiel.

La résolution de ce type d’image est inférieure à celle des Images visibles. L’altitude est un facteur déterminant les zones précipitantes ou non. Un nuage est certainement précipitant lorsque son sommet atteint 0°C (soit environ 6000 m). En règle générale, les nuages les plus élevés sont susceptibles de donner le plus de pluie.

On distingue dans le monde sept zones géographiques affectées par des cyclones tropicaux, auxquelles appartiennent certains Dom-Tom français :
– l’océan Atlantique nord (Antilles françaises) ;
– l’océan Pacifique nord-ouest ;
– l’océan Pacifique sud (Nouvelle-Calédonie, Polynésie) ;
– l’océan Pacifique nord-est ;
– l’océan Indien nord ;
– l’océan Indien sud-ouest (île de la Réunion) ;
– l’océan Indien sud-est / Australie.

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Cliquer pour agrandir l’image

Dans l’océan Atlantique et l’océan Pacifique oriental, on utilise le terme d’ouragan (hurricane en anglais). Le terme cyclone est le plus courant dans l’océan Indien, et typhon dans l’océan Pacifique occidental.

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Saison Atlantique 2008

Tempête Tropicale Fay : Storm QuickLook Alert

Contrôle des niveaux d’eau locaux et conditions météorologiques

Source : NOAA – Tropical Storm Fay QuickLook

Storm QuickLook est une application fournissant un résumé de précis des observations océanographiques et météorologiques en temps réel dans les régions affectées par un cyclone tropical. Il est mis en fonctionnement quand un centre de tempête de NWS (National Weather Service) publie un avertissement de tempête tropicale pour les Etats-Unis ou les îles nord-américaines et est mis à jour quatre fois par jour (environ une heure après la publication des avis NWS) ou dans le cas de circonstances spéciales, comme l’arrivée soudaine d’un phénomène météo.

Storm QuickLook est présenté sur des pages Web et est également en lien avec NOAAWATCH. Des rapports suivant les tempêtes sont rédigés (selon la force d’une tempête et des effets sur les niveaux de l’eau) en l’utilisant des données vérifiées et fournissent ainsi une vue d’ensemble des impacts du niveau des eaux pluviales. Des rapports techniques fournissent aussi une analyse plus détaillée des niveaux de tempêtes induits par les précipitations et des comparaisons historiques sont effectuées.

Sur la carte, les carrés rouges correspondent aux stations effectuant les relevés concernant la tempête tropicale FAY.

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Terminologie utilisée pour la classification des systèmes dépressionnaires tropicaux dans le Sud-Ouest de l’ Océan Indien

A Terminology used for classification of tropical depressions in the South-West Indian Ocean

Zone Perturbée / Area of disturbed weather :
Zone de basses pressions sans véritable organisation / Area of low pressure without organization

Perturbation Tropicale / Tropical Disturbance :
Zone Dépessionnaire présentant une convection renforcée et une circulation tourbillonnaire dans laquelle les vents n’ excédent pas 27 kts (50 km/h, force 6 Beaufort)  / Low Pressure area with enhanced convection and a cyclonic wind circulation to be not exceeding 27 kts ( 50 km/h)

Dépression Tropicale / Tropical Depression
Système où la convection est organisée et la ciculation cyclonique caractérisée. Les vents prés du centre sont compris entre 28 et 33 kts (51 et 62 km/h, grand frais, force 7 Beaufort) / Low Pressure area with organized convection and definite cyclonic wind circulation in which the maximum of the average wind speed is estimated to be in the range 28 to 33 kts (51 to 62 km/h)

Tempête Tropicale modérée / Moderate Tropical Storm :
Système où les vents près du centre sont compris entre 34 et 47 kts (63 et 88 km/h, coup de vent ou fort coup de vent, force 8 ou 9 Beaufort) / System in which the winds near the centre is estimated between 34 to 47 kts (63 to 88 km/h).

Forte tempête Tropicale / Severe Tropical Storm :
Système où les vents près du centre sont compris entre 48 et 63 kts (89 et 117 km/h, tempête ou forte tempête, force 10 ou 11 Beaufort) / System in which the winds near the centre is estimated between 48 to 63 kts (89 to 117 km/h).

Cyclone Tropical / Tropical Cyclone :
Système où les vents près du centre sont compris entre 64 et 89 kts (118 et 165 km/h, ouragan, force 12 Beaufort) / System in which the winds near the centre is estimated between 64 to 89 kts (118 to 165 km/h).

Cyclone Tropical Intense / Intense Tropical Cyclone :
Système où les vents près du centre sont compris entre 90 et 115 kts (166 et 212 km/h) / System in which the winds near the centre is estimated between 90 to 115 kts (166 to 212 km/h).

Cyclone Tropical Très Intense / Very Intense Tropical Cyclone :
Système où les vents près du centre sont supérieurs à 115 kts (212 km/h) / System in which the winds near the centre is estimated to exceed  115 kts (212 km/h).

Dépression Subtropicale / Subtropical Depression :
Système hybride présentant au cours de son existence des caractéristiques tantôt des systèmes dépressionnaires tropicaux, tantôt des systèmes dépressionnaires de type polaire. Sur le Sud-Ouest de l’ Océan Indien, la genèse de ce type de dépression est régulièrement observée sur le Sud du Canal de Mozambique / An hybrid system having during its life some characteristics which could belong to both tropical and extra-tropical depressions. In the South-West Indian Ocean, the genesis of such system is regulary observed over the South of Mozambique channel.

* les vitesses de vent sont des vitesses de vent moyennées sur 10 minutes / The wind speed is the mean wind over 10 minutes